Citoyens prenez le pouvoir

Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

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mercredi 27 novembre 2019

Dire le bien ou le mal, mais plus la vérité

Quelques tweets qui interpellent:

Raphaël Enthoven @Enthoven_R (source)

L'enjeu, pour @RoyalSegolene, n'est pas de dire la vérité mais de dire le Bien, en estimant que ce qui est Bien DOIT être vrai puisque les gens l'approuvent. Ce faisant, elle alimente un rapport sentimental au "savoir", qui est le Mal spécifique de notre époque.

en réponse à

Géraldine Woessner @GeWoessner

Ségolène Royal, en roue libre, affirme que les cancers du sein sont dûs aux pesticides. C'est faux. Cela illustre l'hallucinante ignorance qui alimente cette rage irrationnelle contre les agriculteurs...

Brice Couturier @briceculturier

"Cette conviction tacite, commune à tous les croyants, d'être des gens de bien parce qu'ils croient en ce qu'ils croient, la foi étant vertu et, par extension, l'incrédulité étant péché ou, au mieux, objet de pitié." Ian McEwan, Les chiens noirs, p. 25.

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vendredi 22 novembre 2019

Le point du jour, la démolition d'une des tour a commencé

J'ai relu le billet que j’écrivais en 2007, il y a un peu plus de 12 ans, sur ce quartier de St Laurent du Var:

Le point du jour à St Laurent du Var

Mon propos n'a malheureusement pas pris une ride. Concentrer des populations avec des difficultés nécessite que la collectivité fasse des efforts supplémentaires.

A delà de l'actualité de la démolition d'une tour, il me semble qu'il y a un problème de gestion liée au fameux mille-feuilles administratif. La citée du point du jour est gérée par Côte d'Azur Habitat, qui a donc une vision départementale des problématiques et un budget départemental, donc par essence, indépendant des communes et de leurs décisions ou orientations politiques.

Si aujourd'hui, le maire veut faire un choix budgétaire fort en investissant dans ce quartier, il est vite limité par le fait que c'est Côte d'Azur Habitat qui est propriétaire et gestionnaire des bâtiments. La ville en tant que telle ne peut pas beaucoup s'immiscer dans les affaire privées du bailleur. Certes il y a des relations entre ville et bayeurs sociaux, mais c'est du partenariat, la ville dispose donc d'un levier restreint sur la politique de Côte d'Azur Habitat.

Donc si le propos de mon billet de 2007 me semble toujours pertinent, je réalise que si je me retrouve demain aux affaires de la commune, je serais bien en peine de le mettre en œuvre, même si j'avais le complet soutien de la population, ce qui n'est pas acquis, compte tenu des égoïsmes d'une partie des citoyens.

C'est la différence entre le populiste qui vous dirait qu'il peut tout faire et qu'il suffit de le vouloir, sous entendu la gouvernance actuelle ne le veut pas assez fort, et le réaliste qui vous dira qu'il tentera le plus fort qu'il peut d'infléchir des décisions sur lesquelles il n'a qu'une bribe de pouvoir. Électoralement parlant, être réaliste n'est pas très vendeur. Il va falloir trouver une meilleur formule ;)

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mercredi 20 novembre 2019

L'intelligence dite artificielle

On entend beaucoup parler d'intelligence artificiel dans le monde du numérique depuis quelques années. C'est un sujet qui m'agace beaucoup, car le marketing s'est emparé d'un concept et l'a simplifié à outrance. Maintenant on ne sais plus de quoi on parle.

Machine learning

L'essentiel des sujets sur l'IA ne traite pas d’intelligence mais de machine learning, c'est à dire des processus d'apprentissage transposés à un ordinateur qui vont lui permettre d’acquérir des capacités de choix plus performantes basées sur l'apprentissage et non l'analyse. Le machine learning est un morceau de la science de l’intelligence artificielle, ce n'est pas toute l'IA. En gros, on donne à la machine des milliers de problèmes avec leur solution à analyser. La machine, si les algorithmes sont bien écrits, peut ensuite, quand on lui présente un problème, trouver beaucoup plus rapidement la réponse. Il n'y a aucune capacité déductive, c'est un mécanisme statistique.

Dernièrement, cette approche a été utilisée en médecine. Cela permet d'obtenir extrêmement rapidement et automatiquement, une lecture des scanners des patients pour détecter d'éventuels cancers. Grâce à l'apprentissage, la machine aboutie à un taux de réussite équivalent à une équipe de médecins spécialisés. La médecine est un secteur qui produit beaucoup de données complexes, mais qui ont un énorme avantage, c'est qu'elles sont validées et complétées par une expertise humaine. On a donc des millions de données médicales, interprétées par des médecins, et dont on connaît les suites médicales. Ces données sont en plus extrêmement reproductibles. Une mine de données pour former des algorithmes prédictifs.

Le machine learning est partout, il existe même des modules à ajouter aux programmes informatiques. Renomé IA, c'est l'Eldorado du moment, le bonus marketing à mettre sur une fiche produit.

Et avec quoi entraîne-t-on les machines à apprendre ?

Dès que l'on dispose d'une grande quantité de données, il est possible de les donner à manger à une machine, et donc de produire des analyses ou des prédictions sur des échantillons de données beaucoup plus réduits. C'est ce que font nos très, très chers GAFAM. Toutes les données que nous partageons avec eux sont digérées en permanence par des milliers de machines dont la seule mission consiste à essayer de prédire les comportements individuels.

Ces géants du net font du machine learning depuis longtemps, c'est comme ça qu'il valorisent les données que nous leur donnons.

C'est magnifique, j'en veux !

Le problème, c'est que le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais de l'ingurgitation de données. La question est la pertinence de ces données.

Dernièrement, un magnifique scandale a explosé chez Amazon qui avait mis en place un système de tri des CV par une machine. Qu'a donc fait la machine ? Puisqu'elle a été entraînée à partir des recrutements précédents qui avaient fonctionné, elle a reproduit les même schéma de tri que les service de recrutement faisaient avant, qui étaient sexistes et racistes.

Le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais une automatisation de processus complexes. Et tout comme le code d'un programme défini comment il fonctionne, la source d'apprentissage définie ce que la machine va faire des données futures.

Ce sont les algorithmes et ceux qui les écrivent qui décident, quant ils ont les compétences...

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dimanche 10 novembre 2019

Des révolutions sans leader ne permettent pas de construire une politique participative

Le monde est en ce moment traversé par des mouvements révolutionnaires, au Liban, à Hongkong, en Syrie, en Algérie et aussi dans une certaine mesure celui des gilets jaunes. Ces mouvements ont une caractéristique en commun, c'est qu'ils n'ont pas de leader. Ce sont des mouvements spontanés ou presque[1] qui n'existent que grâce aux outils que sont les réseaux sociaux et qui ont une très forte connotation de dégagisme, c'est à dire qu'il y a une volonté de virer la classe dirigeante, sans pour autant proposer une alternative.

Pas de leader, donc pas d'idéologie

Cette absence de leader est un marqueur de mouvements de rejet mais pas de construction. N'importe quel apprentis en politique sait qu'il est beaucoup plus facile de lever des foules pour s'opposer à quelque chose que pour bâtir quelque chose. Aller dénoncer un changement rapporte toujours plus de soutien, que de défendre une évolution. C'est pour cela que les mouvements populistes prospèrent.

S'opposer et dénoncer est à la portée de n'importe quel abrutis avec un porte voix, en quelques minutes. Proposer nécessite un travail, des compétences, de l'expertise, du temps long et de fédérer des gens sans le pseudo-lien de la révolte.

L'indignation non constructive

Ces mouvements révolutionnaires sans leader issus des réseaux sociaux n'en sont pas moins légitimes, car ils expriment un rejet d'un système ou de choix politiques. Tout légitimes qu'ils puissent être, ces mouvements posent un problème démocratique.

En effet, l'humain est par nature un animal conservateur qui choisira très majoritairement le statu quo, le changement étant une source de stress et d'inconfort pour la grande majorité. Pour pouvoir avancer, nos systèmes démocratiques imparfaits ont été construits pour faire émerger des majorités électorales. Ces majorités de gouvernement pouvaient fonctionner et faire avancer nos sociétés en se basant sur le principe qu'une très grande majorité de citoyens délèguent leur pouvoir à des leader à qui ils confient le soin d'être des experts pour gérer et faire évoluer la société.

Aujourd'hui, les évolutions technologiques peuvent permettre de remettre en question cette délégation. Il serait théoriquement possible, que les citoyens garde leur délégation et soient directement acteurs des décisions de gestion et d'évolution de la société. Les leaders qui permettent à notre société de fonctionner sont donc contestés, par une minorité bruyante de plus en plus importante[2].

Le leurre de l'autogestion, et du système participatif

Cette minorité, qui ne pouvaient s'exprimer au par avant qu'au sein des organisations politiques, syndicales ou associatives était filtrée par divers mécanismes de représentation. Même au sein de ces organisations, la voix était portée par des leaders, en général reconnus pour leur expertise.

Les outils que sont les réseaux sociaux permettent de court-circuiter tous ces mécanismes de représentativité. Alors certes, cela donne la parole à tout le monde et plus seulement à une sorte d'élite. Le problème c'est que cela court-circuite aussi les experts, les gens avec une légitimité pour porter une parole et défendre un point de vue. Monsieur et madame Toutlemonde qui n'a ni le temps, ni les compétences, est placé sur un pied d'égalité avec les experts pour donner son avis sur tout et n'importe quoi.

Et à votre avis[3], que va-t-il se passer quand quelqu'un qui n'a pas la connaissance d'un sujet s'exprime ? Comment gouverner une foule ou chacun veut donner son avis sur tout, mais surtout pas se former ou acquérir le minimum sur le sujet, faute de compétence, de temps ou d'envie ?

La réponse est facile à imaginer. Les majorités qui émergeront ne seront que des majorités d'opposition, de statu quo dans le meilleur des cas, et dans le pire, des majorités aisément manipulables par les populistes qui ne s'encombrent pas de réalisme. On l'a magnifiquement vu avec le brexit qui est un cas d'école: ceux qui voulaient rester dans l'Europe argumentaient sur les bénéfices économiques, l'éducation, la liberté, ceux pour la sortie argumentaient sur les peurs de l'étranger et le vol de l'argent des contribuables britanniques, uniquement des fadaises, mais qui lèvent autrement plus les foules que les discours technocratiques.

On peut quand même faire participer les citoyens

Est-ce à dire que l'on ne peut pas demander leur avis aux citoyens en dehors des périodes électorales sans courir à la catastrophe ? Bien sûr que non. La co-construction, la participation est possible, mais à condition de réintroduire l'expertise et le temps long. C'est ce que tente Emmanuel Macron avec l'OPNI[4] de la "Convention citoyenne pour le climat", qui rassemble 150 citoyens tirés au sort pour plancher sur le climat pendant 4 mois. Ces citoyens auditionneront des spécialistes pour construire des solutions. Ils pourront, sur ce sujet, acquérir une expertise, se former pour donner un avis éclairé.

La participation des citoyens aux décisions de la cité nécessite soit de former les citoyens, soit de faire de la pédagogie, soit de passer par des associations qui acquièrent l'expertise pour échanger avec les élus et administrations. Ce n'est donc pas impossible, mais c'est du temps long et beaucoup de pédagogie, très, très loin de l'instantanéité des réseaux sociaux qui ne fonctionnent que sur l'émotivité.

Notes

[1] On ne se leurrera pas sur le fait qu'il peut y avoir des influences en sous-main pour attiser des problèmes réels

[2] Je ne parle pas ici de corruption et autre enrichissement personnel qui légitiment le rejet de ces dirigeants malhonnêtes.

[3] Non je ne vous demande pas votre avis, c'est une tournure stylistique.

[4] Objet politiquement non identifié.

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jeudi 31 octobre 2019

La laïcité appréhendée par les juges

Voici un extrait d'une discussion autour de la laïcité donnée par le juge Christophe Tukov en mai 2018:

Il y aborde, entre autre, 3 exemples: le burkini, les repas de substitution et le foulard en entreprise.

Je noterai surtout la conclusion qui dit en substance que ces trois exemples ne sont pas des problèmes de laïcité du point de vue du juge. La laïcité est invoqué par les uns ou les autres pour obtenir un droit ou une interdiction auprès des juges alors que ce sont avant tout des questions de vivre ensemble. Il fini en rappelant que la laïcité peut être inclusive ou exclusive selon le bord politique qui l'invoque, et le juge dois être vigilant à ne pas être instrumentalisé par les politiques.

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mercredi 30 octobre 2019

Message de service: tag de trafic, https

Tag de trafic

Depuis que ce blog existe, j'ai en place différents tags de trafic qui me permettent d'avoir une idée de la fréquentation de ce blog. Le problème de ces tags c'est leur propriétaires. En effet s'ils sont gratuits pour moi, il faut bien que ceux qui les fournissent gagnent leur vie. Pour mémoire, sur internet, quand un service à valeur ajoutée est gratuit, c'est que c'est vous le produit. Ici pour le dernier tag de trafic encore en place, Google fourni une merveilleuse plateforme de suivi du trafic et des activité des internautes sur mon site en échange justement de ces activités, qui, elles, sont utilisées à des fin mercantiles par Google.

Cela fait un moment que je m'interroge sur l'incongruité de défendre la liberté sur le net et de mettre sur mon blog des outils de suivi. J'ai enfin décidé de renoncer à ces tags, dans la mesure où l'information qu'ils me fournissent a un intérêt assez limité et de moins en moins fiable. Car il est maintenant possible avec un navigateur comme Firefox ou divers plugins sur les autres navigateurs, de bloquer ces tags. Donc d'ici quelques temps, entre 10% et 20% des internautes vont sortir des statistiques fournies par Google. Sur mon blog, ce sera probablement plus, puisque les utilisateur de Firefox sont plus nombreux qu'ailleurs.

https

Le blog passe maintenant en HTTPS par défaut. Cela ne change pas grand chose pour vous, mais il parait que c'est mieux pour le référencement dans les moteurs de recherche. On verra si cela change quoique ce soit.

Il est probable que si vous allez sur de vieux billets de ce blog où je n'ai pas fait attention, vous ayez un message indiquant qu'il y a du contenu mixte, sécurisé et non sécurisé dans la page. Pas d'inquiétude, c'est normal. Vous pouvez de toute façon continuer à naviguer sur le blog en HTTP ou en HTTPS, les 2 fonctionnent toujours.

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mercredi 23 octobre 2019

La vérité est une opinion comme les autres

Ça y est, on y est. Il y a encore quelques années, le titre de ce billet aurait été "La vérité est-elle une opinion comme les autres ?" et aurait put être un sujet du bac. Mais aujourd'hui, ce n'est plus une question. On peut l'affirmer. Comment en est-on arrivé là ?

Dans un monde où la recherche de la vérité n'est plus un prérequis à l'information, où les éditorialistes sont plus écoutés que les journalistes, où les corps intermédiaires sont totalement discrédités, inaudibles et court-circuités (élus, syndicats, associations), où les scientifiques sont remis en cause par des incultes, les opinions deviennent des vérités.

Les réseaux sociaux destructeurs de vérités

Les réseaux sociaux (facebook, twitter, snapchat, instagram...) amplifient le phénomène en donnant le même poids à toutes les sources, la légitimité étant construite par la popularité et non le contenu ou le travail de construction. En quelques années, disons 5 ans, la valeur de l'information a complètement changée. Depuis des décennies, les sources de vérité mettaient du temps à se construire, à devenir légitimes, en général par l’acquisition d'une expertise sur le sujet et par la construction d'une crédibilité basée sur le temps long.

A l'ère de l'instantanéité et de la recherche d’audience permanente, le temps médiatique n'est plus compatible avec le temps de l'investigation, de la recherche, de l'établissement des faits et des preuves. La vérité est trop longue à construire, à expliquer, à transmettre.

Dans le même temps, les lecteurs ou auditeurs ne sont plus à la recherche de la vérité mais d'une information divertissante (infotainment) ou émotionnellement riche (polémique, scandale, tragédie). Le temps long de la vérité n'est que partiellement compatible avec cette économie du divertissement ou de l'émotion à tout prix.

Temps de cerveaux et économie de l'attention

Les média qui ont des contraintes économiques, vont avoir à arbitrer entre l'investigation et le buzz. Devinez qui va perdre à chaque fois ? Économiquement parlant, la vérité et sa recherche n'est rentable que pour approvisionner de la polémique. Dans une économie de l'attention où les auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs n'ont qu'une capacité limité d'attention ou de temps, comment la capter avec de la complexité, de la remise en contexte, des explication nécessitant de la culture ? Nayons aucun espoir, pour la masse, le temps long de l'expertise et de l'investigation n'est plus intéressant, donc économiquement non rentable pour financer sa construction.

La vérité est devenue juste une opinion, comme une autre.

On peut donc l'ignorer, la mépriser, la remettre en cause comme les milliers d'autres opinions. La vérité n'a plus aucun statut particulier:

  • Les journalistes, du moins ceux d'investigation, avaient pour missions de rechercher la vérité, en s'appuyant sur des données factuelles, en les remettant en perspective, afin de construire un récit étayé. Leur propos n'a plus grande valeur, et n'importe qui, qui dispose d'une parole publique peut les remettre en cause, sans même avoir besoin de fournir un travail d'analyse puisque plus personne ne consacre du temps à prendre connaissance des analyses.
  • Les scientifiques, grâce à leurs expériences, leur accumulation de connaissances et de compétences, étaient avant tout des chercheur de vérité. Leur expertise est mis au même niveau que n'importe quel publication sur le net pondu par n'importe qui avec quelques mots compliqués pour enfumer.

Toutes les opinions, un peu sexy, notamment lorsqu'elles sont du domaine de l'émotion ou de la théorie du complot, supplantent les vérités académiques, les vérités de l'investigation, les vérités de la raisons.

Les vérités sont remises en doute par leur propre méthode de validation

Les mécanismes qui existent pour laborieusement construire une vérité en s'appuyant sur des remises en doute, des preuves, des expériences, des croisements d'informations, bref du travail, sont ignorés, et ne servent qu'à étayer le fait qu'une vérité n'en est pas une et que ce n'est qu'une opinion.

Par exemple, l'âge du premier humain sur terre est une donnée scientifique qui a beaucoup évoluée en fonction des techniques scientifiques pour l'évaluer. Il y a une convergence du monde scientifique, des variations à la marge, mais grosso modo, toute la communauté scientifique aboutie par une manière ou une autre à la même vérité, qui se chiffre, selon comment on lit, à 200 000 ans pour l'homme moderne, et environ 2 millions d'année pour ses ancêtres. Pourtant, on trouve des textes qui expliquent que les humains existent depuis 10 000 ans (par exemple ici).

Si on était habitué à ce genre de distorsion de la vérité avec les religions qui ont souvent du mal avec la vérité scientifique, aujourd'hui, la foi n'est plus la seule raison de la remise en cause du discours scientifique comme le montre les propos du président des USA, Donald Trump sur le réchauffement climatique.

Et maintenant ?

La vérité est donc traitée comme une opinion par beaucoup de canaux de diffusion de l'information. Certains canaux vont continuer à la servir, mais de moins en moins accessible, de plus en plus réservée à une élite qui aura soit les moyens financiers, soit une expertise rare. La vérité va devenir de plus en plus difficile d’accès au grand public, ce qui est incroyable au moment où, avec les outils numériques, elle devrait être la plus accessible. On est loin de ce que les inventeur de l'internet libre rêvaient.

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jeudi 17 octobre 2019

Municipales2020: ça y est c'est officiel

Tout ceux qui me fréquente de prêt ou de loin savaient que je travaillais et travaille encore à un projet pour St Laurent du Var au sein d'une équipe de la majorité présidentielle (MoDem, LREM, UDE, Mvt Radical). Nous n'avons pas arrêté notre engagement politique Nathalie et moi au soir des élections législatives.

J'ai fais une projection des potentiels électoraux pour St Laurent du Var de chacune des composantes politiques connues. Je publierai cette projection, comme je le fais à chaque campagne, en mode "peut être je me trompe, mais j'assume". En gros, le RN est en tête de toutes mes projections au premier tour, et c'est le second tour, avec les éventuelles fusions de listes qui va déterminer si notre ville tombe aux main des fâcheux. Il y a donc un vrai risque pour St Laurent du Var.

Nous en avons parlé avec l'actuel maire à plusieurs reprises et depuis très longtemps, et même évoqué dernièrement un possible rapprochement dès le premier tour. Car oui nous discutons avec Joseph Segurra, car il se trouve que nous le croisons souvent sur le terrain et que nous avons plutôt de bonnes relations avec lui, même s'il est un homme de droite et nous de farouches "centristes". En fait c'est le problème des centristes, ils causent avec quasiment tout le monde ;)

Une des solutions aurait été de ne pas se présenter à cette élection. Sauf que nous avons des idées et des projets pour notre commune, et que nous pensons qu'elles sont susceptibles d'intéresser les laurentins. Personnellement j'ai envie d'être acteur et plus seulement observateur ou commentateur. Donc voilà, notre groupe se lance dans la bataille des municipales. Nous allons défendre notre vision. Dans la situation actuelle laurentine, nous n'excluons absolument pas de faire la surprise au soir du premier tour, et parce que Joseph Segurra n'est pas notre ennemi, nous lui proposerons de nous rejoindre sur notre liste au second, et peut être pas qu'à lui...

Cliquez pour lire la capture de l'article

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mercredi 9 octobre 2019

Live tweet du conseil municipal de St Laurent du Var du 09/10/2019

Comme j'ai testé la technique du fil (thread) pour ce live tweet du conseil municipal, du coup je peux jouer avec des outils qui me remettent tout ça dans l'ordre. Plus besoin de lire à l'envers, vous avez maintenant un vrai compte rendu en une page.

Bonne lecture.

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Mes derniers tweets et retweets

Depuis quelques jours je me remet à écrire, donc bientôt le blog va sortir de sa léthargie, promis. En attendant, ça se passe sur twitter. Les tweets sont classées par ordre antéchronologiques. Si vous voulez aller sur le tweet, cliquez sur le lien ''Twitt'.

Notez que si vous avez activé le respect de la vie privée dans votre navigateur, il est normal que vous ne voyez pas les images, car twitter les utilise pour du tracking.

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Ça devait marcher... mais ça marche pô !

Pôle-emplois et la numérisation

Pôle emplois a misé fortement sur la dématérialisation et donc son site web est incontournable pour les demandeurs d'emplois, soit sur leur ordinateur personnel, soit sur leur téléphone, soit dans les agences qui proposent des ordinateurs en accès libre.

Mais le site de pôle-emplois est en carafe depuis plusieurs semaines. Le système a explosé au début du mois, lorsque le nouveau système d'authentification n'a pas été capable d'encaisser la migration massive des utilisateurs de l'ancien système au nouveau.

En effet, depuis près d'un mois, le site web de pôle-emplois informe les utilisateurs du site qu'ils doivent changer leur manière de s'authentifier. Ceux qui se connectent régulièrement l'ont fait et ils doivent représenter une part importante des utilisateurs. Mais pour une portion d'autre que je ne saurais évaluer, le lundi 30 septembre, ça été la panique. En effet, à partir du 28, les demandeurs d'emplois doivent indiquer leur statut pour que soit débloquée le paiement des indemnités. Autant vous dire, que c'est vital pour beaucoup de gens. Et donc en plein weekend, beaucoup ont découvert qu'ils devaient modifier la manière de s'authentifier. Lundi c'était la panique dans les agences pôle-emplois, les gens ne pouvaient plus se connecter, ne pouvaient plus migrer leur compte et donc ne pouvaient plus déclarer leur situation, retardant d'autant le versement de leur indemnité chômage. Les agents de pôle-emplois ont passés une sale journée, condamnés par la technologie à se faire engueuler sans pouvoir faire grand chose.

Le système de migration a été mis en panne 4 jours le soir même pour permettre une probable intervention des techniciens. Dix jour après, le site de pôle-emplois n'a toujours pas retrouvé son fonctionnement normal.

Le réseau de bus de la métropole niçoise

L'idée est magnifique sur le papier: le tram ayant une capacité bien supérieure aux bus, il a été décidé de connecter tous les bus au tram, pour dessiner une espèce de peigne, ou le tram serait le manche circulant d'est en ouest et les bus les dents du peigne, du nord au sud.

Ce faisant, toutes les redondances de l'ancien système de bus disparaissent. Là où il y avait 2 ou 3 possibilités pour aller d'un point à l'autre, permettant de lisser les horaires et les densités, il ne reste qu'une solution passant par le tram, introduisant des changements supplémentaires et forcément des goulots d'étranglement sur certaines stations. Dans l’opération, certains ont gagné, d'autres perdu, les derniers étant ceux qui râles le plus fort, forcément. Il y a des ajustements en restaurant certaines lignes qui avaient été supprimées ou modifiées un peu trop vite.

Je m'interroge tout de même sur l'absence d'alternative au tram. Pour paralyser la totalité des utilisateurs des transports en commun de Nice, il suffit de bloquer le tram et tout le système s'effondre. Une manifestation, un accident, un sabotage, une grève et plus personne ne peut se rendre à son boulot ou son école.

Élections municipales obligent, les anciennes lignes de bus ont déjà été transformées en jardinière, avant même que le nouveau réseau de transport en commun soit complètement stabilisé.

Redondance

En fait, il me semble que les principaux enseignements de ces 2 anecdotes sont la gestion de la redondance et de la surcapacité. Pour qu'une installation soit fiable, elle doit être surdimensionnée pour proposer des redondances et des alternatives afin d'éviter les effets d'engorgement en cas d'altération d'une partie du système.

Par exemple, le site de pôle-emplois aurait du conserver les 2 systèmes d'authentification en parallèle beaucoup plus longtemps. Cela a un coût certain en terme d'infrastructure mais surtout au niveau du code qui doit accepter plusieurs version en même temps.

Pour le réseau de transport niçois, je me demande, si cela avait été possible, s'il n'aurait pas été intéressant de laisser cohabiter les anciens et nouveau système quelque temps, afin d'identifier les chemins préférentiels qu'empruntent les habitants. Je sais que c'est un peu utopique, mais c'est un moyen de proposer, par l'usage, aux utilisateurs de voter pour la meilleur solution de transport.

Dans les 2 cas c'est le coût qui empêche la mise en place de système en parallèle et redondants. Mais si on se place du point de vue des utilisateurs, quel est le coût ?

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vendredi 2 août 2019

Mes derniers tweets et retweets

Blog tjs un peu en sommeil, mais une certaine activité sur twitter où j’essaie désespérément de trouver des tweets qui présentent un intérêt. Les tweets sont classées par ordre antéchronologiques. Si vous voulez aller sur le tweet, cliquez sur le lien ''Twitt'.

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jeudi 1 août 2019

Démarer une liseuse Kobo sans wifi ni compte kobo

Quand on achète une liseuse kindle qui est produite par Amazon on sait que cet appareil est conçu par design pour ne fonctionner qu'avec le format de livre propriétaire d'Amazon. C'est donc un appareil qui ne devrait même pas être vendu, mais donné, afin que les gens puissent utiliser la plateforme fermée d'Amazon. Admettons, c'est une belle arnaque, mais je n'en achèterais pas, de toute façon je suis allergique à Amazon.

Donc quand j'ai cherché une liseuse pour ma fille, j'ai bien évidement écarté tout ce qui pouvait être lié à Amazon, et dans les affaires trouvées sur le net, je tombe sur une liseuse Kobo, certes promue par la Fnac, mais réputée être "ouverte". Nous allons voir qu'il n'en est rien.

  1. Je sort la liseuse de sa boite, la démarre et là j'ai une obligation de la connecter soit en wifi, soit à mon ordinateur avant de pouvoir m'en servir. Ça commence mal.
  2. Via l'ordinateur, on oublie, puisqu'en fait il faut mettre à jour la tablette avec une application qui n'existe que sous windows ou mac. Comme j'utilise mes ordinateurs sous Linux, impossible donc ne serait-ce que d'initialiser la tablette avec mon ordinateur.
  3. Qu'à ne cela tienne, je me lance dans la procédure par wifi. Hélas, je découvre sur un forum, que la mise à jour par wifi n'est possible que si l'on dispose déjà d'un compte. Au delà du caractère un peu excessif de la chose, c'est ridicule, puisque même si j'avais un compte, la procédure d'initialisation ne m'a jamais proposée de le saisir.

J'ai donc une tablette Kobo touch toute neuve sortie de sa boite mais inutilisable. Je commence à m'énerver. Je ne peux donc pas utiliser une procédure standard pour utiliser ma tablette, il va donc me falloir la hacker. Super ! Heureusement que ma fille n'est pas derrière ma chaise à attendre de pouvoir s'en servir.

Voici la procédure pour pouvoir utiliser une liseuse kobo, sans avoir à se connecter en wifi, sans avoir à créer de compte chez kobo ou la fnac, et quand on n'a pas d'ordinateur sous windows:

1) La source de l'astuce: https://doc.ubuntu-fr.org/kobo_by_f... (passez directement au chapitre 2).

2) Le principe: lorsque la tablette sort d'usine, elle est initialisée avec un utilisateur particulier qui ne permet pas à la liseuse de démarrer. L'astuce consiste à remplacer cet utilisateur par n'importe quel autre utilisateur qui sera vu comme étant valide par la liseuse.

3) Sqlite: sous ubuntu, on installe sqlite3 pour pouvoir se connecter à la base de données de la liseuse

sudo apt-get install sqlite3

4) On branche la liseuse à l'ordi, on repère le chemin (bouton droit propriétés). Chez moi c'est /media/cedric/KOBOeReader/ (remplacer cedric par votre nom d'utilisateur)

cd /media/cedric/KOBOeReader/.kobo

5) On lance sqlite sur la base de la liseuse

sqlite3 KoboReader.sqlite

6) Au prompt de sqlite, j'ai inséré l'utilisateur suivant:

sqlite> INSERT INTO "user" VALUES('Linux User','Linux User',NULL,NULL,NULL,NULL,'false','false','false',NULL,NULL,NULL,NULL);

7) Je vérifie qu'il est bien ajouté à l'utilisateur initial que je peux maintenant supprimer

sqlite> select * from user;
dec75cef-493f-4da1-af8d-d7a7183fa3e5|0a0e4b93-68fd-455a-b716-039e7c973dce|demobundle06_13@kobo.com|demobundle06_13@kobo.com|||false|true|false||||
Linux User|Linux User|||||false|false|false||||
sqlite> delete from user wher UserID="dec75cef-493f-4da1-af8d-d7a7183fa3e5";

8) On quitte sqlite et on redémarre la liseuse

sqlite> .exit

Ohhhhh miracle, la liseuse démarre et fonctionne sans aucun problème avec le logiciel Calibre qui gère ma bibliothèque de livres numériques.

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dimanche 14 juillet 2019

La radicalisation touche même les gens biens

Il y a quelques jours, j'ai découvert un intéressant fil sur twitter concernant un reportage de l'émission Cash Investigation, « Produits chimiques, nos enfants en danger » diffusé sur France 2 le mardi 2 février 2016.

Je lis le fil et découvre une réaction un peu stupide d'une personne que j'apprécie par ailleurs, Christophe Grébert. Ci-dessous sa réaction et mon commentaire

Extrait du fil twitter

Et voici la suite. Aujourd'hui pour le lire je suis obligé d'utiliser un autre compte, juste parce que je lui ai fait un commentaire...

J'ai côtoyé @grebert il y a 14 ans, à l'époque des blogs et au sein d'un mouvement politique avec lequel il a eut longtemps des affinités, et je le lis et échange avec lui depuis cette époque. Il m'a bloqué aujourd'hui car je lui ai fait remarqué qu'il disait une connerie.

Quand je vous disais que les réseaux sociaux conduisent à une radicalisation de tout le monde, en voilà une triste illustration.

Lire la suite des commentaires de l'échange qui a conduit à ce blocage est triste, car rapidement, ce n'est plus une critique de l'erreur faite (tout le monde fait des boulettes), mais une critique de la personne et par extension de son action puis de son engagement militant

Les tweetos sont violents, gratuitement. Toutes les personnes publiques se font agresser un jour ou l'autre sur les réseaux sociaux. Leurs réponses deviennent elles aussi de plus en plus violentes, de plus en plus radicalisées.

Quand je dis que les gens se radicalisent, je veux dire qu'ils s'enferment dans leurs certitudes pour se protéger. Ils éteignent leur capacité à la tolérance et au dialogue, lassés par les agressions et les éructations qui remplacent la courtoisie.

Sincèrement, le déferlement de violence dans les commentaires me désespère. En quelques années, le web est devenu un dépotoire. Il faut déambuler au milieu de tonnes d’immondices pour trouver de temps en temps une jolie fleur, un sujet traité avec élégance qui interpelle les neurones et donne le sentiment d'être moins bête ou plus heureux après l'avoir lu.

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jeudi 11 juillet 2019

Live tweet du conseil municipal de St Laurent du Var du 11/07/2019

Un conseil très tranquille ce soir, puisque ceux qui causent fort de l'opposition étaient absents (Moschetti et Orsatti). Pas non plus de réactions à mes tweet puisque Berretoni n'était pas là ce soir. C'est Hébert qui a fait la pédagogue aujourd'hui.

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lundi 27 mai 2019

Mes derniers tweets et retweets

Mes derniers tweets depuis 1 mois, notamment durant cette triste campagne européenne où les sujets de fonds ont si souvent été éclipsés par des niaiseries. J'ai essayé, un peu, de rester sur des sujets intéressants.

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dimanche 26 mai 2019

Résultats des élections européennes 2019 à St Laurent du Var

Taux de participation: 51,21%

Les résultats des premiers :

  • RN: 34,80%
  • LREM, MoDem: 18,68%
  • Verts: 10,10%
  • LR: 9,80%
  • LFI: 4,17%
  • PS: 4,08%
  • DLF: 4,06%
  • Parti animaliste: 2,82%
  • UDI: 1,66%
  • ...

Source complète: https://election-europeenne.lintern...

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jeudi 9 mai 2019

Docteur, j'ai mal à mon Europe. Dites 33...

Il y a donc 33 listes qui se présentent aux élections européenne de 2019.

La démocratie a (pris) un coût

Une liste qui voudrait faire le service minimum, en fournissant les bulletins de vote, les professions de fois et les affiches a un budget qui dépasse les 300 000€, et de loin. On en déduit donc que l'essentiel de ces listes n'auront pas le matériel électoral minimum et demanderont à leur potentiels électeurs d'utiliser leur imprimante pour imprimer à minima le bulletin de vote. Je souhaite du bonheur aux assesseurs qui vont procéder au dépouillement pour vérifier la validité des bulletins de vote ainsi imprimés par les électeurs.

Qu'est-ce que c'est que cette inflation démentielle ?

Au delà du problème technique lors du dépouillement, il y a un truc qui m'interpelle. Pourquoi autant de listes ? Mon hypothèse, c'est qu'une partie de ces listes sont téléguidées par les extrêmes pour tuer le débat. En effet, comment voulez-vous que les média accordent de l'équité de traitement à une telle pléthore de listes ? Pour ne pas enfreindre la loi électorale, je m'attend à ce que les média, dans leur grande majorité, fassent le service minimum, voir s'autocensurent, passant la campagne sous silence, ou du moins les sujets importants, ou du moins ne se permettent plus des débats.

Macron-bashing

Certaines listes ont déjà commencé à utiliser le canal de communication institutionnel que leur donne la campagne officielle pour s'en prendre grossièrement et outrancièrement au président de la république. En multipliant le nombre de listes fantaisistes, c'est autant de canaux de communication pour dézinguer le gouvernement et le président, et par ricochet la liste de LREM, sans que les listes officielles du RN ou LFI ne se mouillent.

Financement

Il sera intéressant de voir combien de listes sur ces 33 sont capables d'obtenir un financement et surtout par qui, en ayant à l'esprit qu'il faut faire plus de 3% pour obtenir le remboursement des frais de campagne et plus de 5% pour obtenir au moins 1 siège.

Multiplier les listes permet de multiplier les moyens de pilonner la LREM et le gouvernement, tout en l'empêchant de répondre.

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mardi 30 avril 2019

Facebook a inventé un outil qui a déjà commencé à détruire les démocraties

Quand je parle du danger des réseaux sociaux, j'ai du mal à argumenter car pour expliquer les fonctionnements de ces derniers, on fait souvent référence à des notions qui ne sont pas accessibles à monsieur et madame tout le monde. Rapidement je me retrouve à faire un cours magistral et on m'écoute poliment, avec mon vocabulaire de geek, en me donnant le bénéfice du doute, car je ne suis normalement pas connu pour être barge ou parano. Mais j'ai l'impression de ne pas être compris.

Et puis je suis tombé sur le récit de Carole Cadwalladr. C'est limpide, c'est flippant, c'est terrifiant même quand on est un démocrate. Le voici avec la possibilité d'activer les sous-titre (en anglais seulement pour le moment). Je vais tacher de vous en faire une traduction approximative de l'essentiel, car le sujet est très loin d'être anecdotique ou réservé aux geeks. Tous les citoyens doivent en prendre conscience.

Juste après le le vote du Brexit, Carole Cadwalladr s'est rendu dans sa ville natale Ebbw Vale qui est une ville qui a été sinistrée par la fermeture des mines et de l'industrie de l'acier. Elle voulait savoir pourquoi cette région avait voté à 62% pour quitter l'Union Européenne alors que de partout on trouve de massifs investissements de l'UE pour des collèges, des infrastructures sportives ou les routes.

Des gens lui ont dit qu'ils avaient voté pour le "leave" car l'UE ne faisait rien pour eux, qu'ils voulaient reprendre le contrôle et qu'il n'en pouvaient plus de l'immigration et des réfugiés (dans la région la moins touchée par l’immigration de Grande Bretagne). D'où ces gens tenaient-ils ces slogans de la presse de droite qu'ils répétaient, dans une ville ouvrière de gauche ?

Une lectrice lui indiqua qu'elle avait vu tous "ces trucs effrayants" au sujet d’immigrants turcs sur Facebook durant la campagne. Comme il n'y a aucune archive des publicités que diffuse Facebook, il est impossible de savoir ce qui a été montré et à qui. Impossible de savoir l'effet ni même de savoir qui a financé ces publicités et pour quel montant. Le référendum a été influencé dans la plus grande opacité. Le parlement anglais à demandé à Facebook ces données qu'il possède, mais il a toujours refusé car il y a de nombreuse infractions qui ont été commises via Facebook. En effet, les règles électorales limitent le montant des dépenses. Cette élection s'est presque exclusivement faite sur internet et cette règle n'est plus respectée à cause des boites noires que sont Facebook, Google ou Youtube. On ne connaît pas l’étendue, mais on sait que les derniers jours du vote, près de 750 000 livres ont été dépensés illégalement par le camp du "leave", vraisemblablement pour diffuser des publicités mensongères sur la Turquie rejoignant l'UE. Ces publicités n'ont pas été vu par la majorité, car le camps du "Leave" a ciblé des électeurs qui pouvaient être convaincus. C'est la plus grosse fraude électorale qui ait eu lieu en GB depuis 100 ans. Si on les découvre aujourd'hui, c'est parce que le parlement britannique a forcé Facebook à les lui fournir.

regardez dans la vidéo les exemples de publicités mensongères qui ont été diffusées durant la campagne

Il y a une autre infraction à la loi avec ce groupe d'homme autour de Donald Trump et Nigel Farage, en cours d'investigation car Aron Bank a financé la campagne du "Leave" mais impossible de savoir d'où provient son argent ni même s'il est britannique. Le brexit était l'expérimentation (la boite de pétri) utilisé pour l'élection de Donald Trump. Ce sont les mêmes personnes, les même entreprises, les même données, les mêmes techniques, le même usage de la peur et de la haine.

La haine et la peur sont diffusées dans le monde entier (en France, au Brésil, en Birmanie, en Nouvelle Zélande...) via des plateforme technologiques dont on ne voit qu'une toute petite fraction de l'activité. Carole Cadwalladr a découvert ces réseaux sous-terrain en investiguant sur les relations entre Trump et Farage au travers de la société Cambridge Analytica. Un ex-employé lui a expliqué comment cette entreprise qui travaillait pour Trump et le Brexit, constituait des profils politiques des gens pour identifier leurs peurs et mieux les cibler sur Facebook via des publicités. Ceci a été fait en collectant illégalement les profils de 87 million de d'internautes via Facebook. Cette investigation a pris près d'un an, sous la menace permanente du propriétaire de cette entreprise, le milliardaire Robert Mercer, qui est aussi un des financeur de la campagne de Trump. Au moment de publier l'enquête, en plus de Cambridge Analytica, Facebook a également menacer de poursuivre en justice si elle sortait. Mais elle a été publiée.

Carole Cadwalladr interpelle les dirigeants ou fondateurs de Facebook (Mark Zuckerberg), Google/Youtube (Larry Page, Sergey Brin), Twitter (Jack Dorsey) ainsi que leurs salariés et investisseurs. Il y a 100 ans, on utilisait un canari dans les mines pour détecter le monoxyde de carbone, gaz toxique mais inodore. Aujourd'hui, la Grande Bretagne (et le brexit) sont le canari de cette énorme expérimentation technologique que nous sommes en train de vivre. La grande Bretagne subit ce qui arrive à une démocratie occidentale lorsque des siècles de lois électorales sont mises à mal par la technologie. Notre démocratie est cassée, les lois électorales ne sont plus adaptées comme le rapporte un rapport du parlement.

Ces technologies extraordinaires sont une scène de crime dont leur créateurs ont les preuves. Inutile qu'ils disent qu'ils feront mieux dans le future. Si l'on veut avoir le moindre espoir que cela se reproduise, il est nécessaire de connaître la vérité. Si vous pensez que ce ne sont que quelques publicités et que les gens sont assez intelligents, n'en croyez rien car le vote du Brexit montre que nos démocraties sont cassées, car ce n'est pas de la démocratie de diffuser des mensonges dans l'ombre, payé par de l'argent dont on ne connaît pas la source. C'est de la subversion et Facebook, Google, Twitter... en sont les accessoires.

Le parlement de GB a été le premier à essayer de leur demander des compte et a échoué, car ils sont au delà des lois GB et de 9 parlements devant lesquels Mark Zuckerberg a refusé de se présenter et de répondre. La question est beaucoup plus importante que le brexit, l'élection de Trump, la victoire de la gauche ou la droite. Est-on encore capable d'avoir une élection sincère ? En l'état non.

Carole Cadwalladr demande à ces dirigeants si c'est ça qu'il veulent que l'histoire retienne d'eux : les assistants de la propagation de l'autoritarisme tout autour du monde ? Car la même technologie qui connecte les gens est en train de les éparpiller. La question posée à tous, est-ce que nous voulons les laisser faire pendant que nous jouons avec nos téléphone alors que les ténèbres nous recouvrent ?

Cette histoire est un combat pour les droits, et ce n'est pas un exercice, c'est un moment crucial. La démocratie n'est pas garantie et ce n'est pas inévitable. Nous devons nous battre et gagner. Nous ne pouvons pas laisser ces entreprises technologiques avoir ce pouvoir sans contrôle. C'est à nous de reprendre le contrôle.

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mardi 23 avril 2019

Mes derniers tweets et retweets

Quelques jours de vacances et je me laisse à nouveau tenté par Twitter. C'est une vraie drogue ce truc !

Au milieu de la radicalisation de chacun et du flot constant des messages à la mode ou de ceux des militants, c'est un peu difficile de faire émerger de l'information intéressante. J’essaie et trouve toujours en cherchant quelques messages passionnants.

Comme chaque fois, les messages sont classés par ordre antéchronologique. Pour aller sur le message d'origine, il suffit de cliquer sur le lien "Twitt" sur la gauche.

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