Citoyens prenez le pouvoir

Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

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mercredi 12 février 2020

Les contres-pouvoirs et le droit à l'erreur

Dans cette tribune, @NBelloubet plaide pour le droit à l'erreur, droit ici d'autant plus facile à lui accorder que ce n'est qu'un propos et non un acte. On ne peut pas reprocher tantôt d'user de la langue de bois en étant trop précautionneuse et ensuite lui reprocher une erreur de propos qui devrait être parfait tout le temps.

C'est schizophrénique d'attendre des responsables qu'ils soient parfaits et proches en même temps. Les responsables politiques ou d'entreprise font des erreurs, c'est à ça que servent les contres-pouvoirs. Les contre-pouvoirs sont justement là pour permettre aux responsables de se corriger. Ici @NBelloubet dit une connerie, elle est alerté et elle rectifie. Elle a fait le job.

Quand LFI bloque la commission parlementaire sur les retraites avec 20 000 amendements bidons, cela supprime un contre pouvoir qu'est le parlement supposé permettre de rectifier le projet du gouvernement.

De même quand les médias diffusent un brouillon de projet avant même que ne commence les négociations et annonçant que ce serait le projet final, ils suppriment le contre-pouvoir des partenaires sociaux. L'instantanéité des réseaux sociaux, la recherche de buz et de scoop cour-circuitent les contre-pouvoirs et ignorent le droit à l'erreur, la recherche d'amélioration, le tâtonnement.

La société a des attentes binaire, il n'y a plus de gris clair ou gris foncé.

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jeudi 6 février 2020

Comment s'est constituée notre liste et le choix de sa tête

J'ai été interpellé par Cyril sur twitter qui ne comprend toujours pas comment fonctionnent les partis politiques (pourtant j'ai essayé de lui expliquer) et qui plaque des fantasmes à partir de bribes d'informations. Alors je vais vous raconter comment la liste Saint Laurent du Var, La République Ensemble est arrivée jusqu'à vous:

Un peu d'histoire

En 2007, campagne pour l'élection présidentielle. Nathalie tracte toute seule (ben oui au PS ils n'assumaient pas le choix de leur parti et la discipline de parti est un truc à géométrie variable, surtout quand c'est une femme qui est candidate). Moi je tractais pour Bayrou, avec mon camion couvert d'affiches dans lequel j’offrais le café. Nous nous sommes donc retrouvés souvent sur le terrain, chacun avec notre pile de tracts, à papoter en buvant un coup. C'est à cette époque que j'ai découvert Nathalie et que je me suis dit que cette nana était intéressante.

Nous nous sommes à nouveau rencontrés durant d'autres campagnes, toujours avec notre pile de tracts différents, et toujours ravis de débattre avec réalisme sur les forces et faiblesses des candidats que nous soutenions. A cette époque, alors que je ne faisais que militer, Nathalie, elle, se présentait aux législatives ou départementales contre les plus durs de la droite du département (Lucas, Ciotti), vous savez, dans ces circonscriptions ingagnables où l'on envoie des femmes au charbon pour faire semblant de respecter la parité.

Lorsque sont arrivées les municipales de 2014, j'ai tenté de me rapprocher de Nathalie pour monter un projet et nous avons eu d'intéressants échanges, mais à cette époque, le PS 06 avait décidé que les discussions avec le MoDem était strictement interdites, genre "on va vous punir très méchant" si vous faites semblant d'essayer. Je ne parle même pas d'accord. C'est après ces élections que Nathalie a décidé de quitter définitivement le PS.

En 2017, nous nous sommes retrouvés pour la première fois avec la même pile de tracts lors de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron... et nous étions vraiment content que cela arrive. Le MoDem cherchait des candidats crédibles pour les législatives. J'ai poussé pour que Nathalie soit proposée et elle a été investie par le MoDem et La République En Marche pour défendre le projet de d'Emmanuel Macron aux législatives dans la circonscription où elle habite et où elle a été candidate aux cantonales (je précise, car certains croient qu'elle est parachutée). J'étais son suppléant.

Nous avons fait une très chouette campagne ensemble, durant laquelle nous avons appris à nous apprécier encore plus et à nous connaître. Lorsque la campagne s'est terminée, notre petite équipe de campagne avait en tête de poursuivre pour les municipales, et c'est ce qui s'est fait à La Colle sur Loup, à Cagnes sur mer et à St Laurent du Var.

Le projet, le terrain, la tête

Donc depuis 2017, nous avons construit les grands axes de notre projet pour les municipales, par morceaux, avec les uns ou les autres, lors de rencontres individuelles ou de réunions du comité En Marche de St Laurent du Var avec les autres militants. Nous étions sur le terrain pour la campagne des européennes, et j'ai continué mon action de citoyen engagé lors des conseils municipaux.

De ce travail a émergé, en plus d'un projet, des rôles, des compétences, pour le bénéfice de la réussite de l'équipe. Si pour ma part, cela fait des années que je considère Nathalie comme la meilleur candidate possible pour ma commune, la chose est devenue évidente pour tous les colistiers qui ont rejoint notre équipe. Il n'y a pas eut d'élection formelle pour désigner notre tête de liste, elle était naturelle. Nous l'avons tout d'abord désigné à mains levées et à l'unanimité porte parole de notre équipe. Le passage de porte parole à tête de liste s'est bien sûr fait tout seul.

Chefs de file

Au printemps 2019, nous étions prêt à nous lancer dans la campagne des municipales. Nous avions une bonne base de projet et une petite équipe. Nous avons présenté notre projet à chacun de nos partis politique (UDE, MoDem, LREM et Mouvement Radical). Dans notre équipe, un chefs de file a été nommé par chacun de l'UDE, du MoDem et du Mouvement Radical avec pour mission de représenter ces partis au sein de la liste et de négocier au nom de ces partis. Pour LREM, c'était encore plus simple, puisqu'un membre de la commission d'investiture 06 était dans l'équipe. C'est tout ce petit monde, mandaté pour ça, qui a discuté avec Joseph Segura.

Un chef de file est un représentant du parti, mandaté pour négocier. Ce n'est pas forcément une personne candidate, et sa présence sur la liste ne vaut pas forcément investiture du partis.

Soutien et investiture

Notre liste, quelque soient les soutiens ou investitures des partis, se présentera aux électeurs de St Laurent du Var, mais cela n'empêche pas de les demander. Notre équipe a donc aussi sollicité le soutien de partis politiques, mais pas seulement. A ce jour, nous avons l'investiture de l'UDE, ce qui est normal puisque c'est le parti de Nathalie, l'investiture du Mouvement Radical Social et Libéral et le soutien du Mouvement Démocrate. Pour ce qui est de La République En Marche, il est supposé être acquis, mais les tractations à Nice ont gelé tous les soutiens et investitures des communes de la métropole (voir du département), donc on verra quand ça se décoince. Nous avons aussi le soutien du Printemps Républicain qui est une association dans laquelle nous nous retrouvons et qui défend la République, la laïcité et la nation contre toutes les formes de communautarismes et d'archipellisations de la France notamment portées par les partis extrémistes.

Les sans parti

Après soyons clair, les membres de notre liste sont très très majoritairement rattachés à aucun parti. Ils ont en commun d'être plutôt favorables à Emmanuel Macron et à l'essentiel de la politique qu'il mène. Aucun des membre de notre liste n'est élu.

Donc certes cette liste est soutenu par les partis de la majorité présidentielle, et c'est une des rare qui regroupe toutes ses composantes, mais ce sont eux qui nous soutiennent, pas nous qui sommes à leur service:

  • ce sont les colistiers qui financent la campagne,
  • c'est nous qui rédigeons toutes nos propositions intégralement (on ne fait pas du copier/coller de prêt à tracter),
  • c'est nous qui produisons les contenus et maquettes graphiques de notre matériel de campagne,
  • c'est nous qui gérons et faisons vivre tous nos outils numériques.

Nos partis politiques nous aident pour l'assurance des salles, les conseils juridiques ou de stratégie média sur des sujets sensibles. Cela reste donc assez marginal. Avoir le soutien ou l'investiture d'un parti est pour nous avant tout, un moyen simple de dire en une image qui nous sommes, c'est tout.

Voilà vous savez tout.

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dimanche 2 février 2020

Mes derniers tweets et retweets

Liste de mes derniers tweets et retweets, classés par ordre antéchronologique. Pour retrouver un tweet dans son contexte, cliquez sur l'image ou le lien twitt si elle ne s'affiche pas.

Lire la suite...

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jeudi 30 janvier 2020

Il faut que ça change la bas

Intéressante discussion avec un voisin qui me disait ce qu'il pensait du maire de St Laurent du Var, Joseph Segura. Pour faire simple, il veut que "ça change là bas en bas". Et il m'a donné une liste de sujets qu'il lui reproche:

  • La hausse des impôts métropolitains.
  • La circulation saturée et le non doublement de la route sur les bords du Var.
  • La facture d'eau qui a violemment augmentée.
  • Les places de stationnement toutes payantes.

De deux chose l'une, soit j'abonde en son sens pour casser du sucre sur le dos du maire, contre qui après tout je fais campagne pour ces prochaines élections municipales, ou alors je suis obligé de reconnaître que pour l'essentiel, ces reproches sont infondés. En effet, les citoyens mettent sur le dos du maire tous les problèmes mais il y a des choses qui ne sont pas de son ressort. Reprenons la liste:

La hausse des impôts métropolitains

Ben comme leur nom l'indiquent, ce ne sont pas des impôt votés par la commune. Alors certes, le maire fait partie de la majorité qui a voté cette augmentation décidé par l'équipe d'Estrosi. Mais quand on fait partie d'une majorité, il n'est pas possible de ne pas voter le budget. C'est une ligne rouge infranchissable, sauf à quitter la majorité. Et Segura veut intensément faire partie de la majorité D'Estrosi, pour obtenir les financements métropolitains pour St Laurent du Var. Revel en son temps a essayé de peser sur Estrosi et certaines de ses dépenses métropolitaines pas toujours bien maîtrisées à l'époque. Bilan, Estrosi a coupé le robinet des financements métropolitains, bien au delà de ce qu'il était autorisé à faire, et plus aucun projet n'a put être mené à St Laurent du Var durant le dernier mandat de Revel.

Le non doublement des bords du Var

Cette décision est à imputer cette fois-ci à Ciotti, président du conseil général (conseil départemental maintenant) qui a la compétence fleuve. Le département a donc décidé d'une solution technique économique pour la réfection de la digue. Tant mieux pour nos impôts, mais sur ce système de palplanche, on ne peut pas faire circuler des voitures ou des camions. Donc la route ne sera jamais élargie ou alors en gagnant sur le parking du levant, et encore je ne suis pas certain que ce soit possible.

La facture d'eau qui a explosé

Là aussi ce n'est pas de la faute du maire. La métropole a décidé de reprendre le contrôle de tous les services de l'eau sur son territoire (ce qui pour le coup est une assez bonne idée). La société du canal de la rive droite du Var qui dessert la moitié de St Laurent du Var s'est donc vu informer que sa concession ne serait pas reconduite. Sauf que quand on rend une concession il y a un contrat à respecter, notamment sur l'état du réseau. Las, le réseau n'est pas au niveau et il faut faire des travaux avant de le rendre. Vous imaginez bien que cette entreprise qui va disparaître, ne va pas s'endetter pour faire ces dépenses sans aucun espoir de remboursement. Ce sont donc les clients qui payent.

Les place de stationnement payantes

Pour ce point c'est un peu de mauvaise fois de mon voisin et une maladresse de l'équipe municipale lors de la mise en place des nouveaux parcmètres. Pour rappel, c'est une décision du gouvernement qui a confié aux municipalités la gestion du stationnement et plus à l'état. La ville de St Laurent du Var a fait faire un audit des places de stationnement et a décidé, grosso modo de conserver l'ancien système de parcmètre avec une modernisation du système et quelques modifications à la marge, dont une qui est très mal passée, celle de mettre un parcmètre sur le petit parking de la mairie utilisé par les riverains, notamment du village.

St Laurent du Var aurait pu choisir de ne pas faire payer le stationnement comme à Villeneuve-Loubet, mais la stratégie est ici de faire tourner les voitures pour favoriser le commerce. C'est un choix politique classique tout à fait défendable et pourquoi pas amendable.

Il a d'autres sujets qui sont de la responsabilité directe du maire, mais pas ceux-ci. Les habitants n'ont pas tous conscience du mille-feuille administratif dans lequel navigue, plus ou mois à vu les maires, et les croient responsables de beaucoup plus de choses qu'ils ne le sont.

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dimanche 26 janvier 2020

La campagne des municipales comme nous souhaitons la faire

www.slv-lre.frNotre site de campagne pour les municipales s’enrichit régulièrement de nouveaux éléments pour étoffer notre programme.

En fait ce n'est pas tout notre programme qui y est présenté, du moins pour le moment. En effet, même si nous avons des propositions sur lesquelles nous avons travaillé depuis un à deux ans qui constituent le socle de notre programme, avant de les rendre publique, nous vous proposons deux approches complémentaires:

De ces démarches émergent aussi des tracts que nous utilisons pour aller sur le terrain et discuter avec les laurentins et laurentines.

Bien sûr on cause aussi d'autres choses sur ce blog de campagne, comme par exemple le sujet de la prison ou des braseros sur les terrasses. Des opinions et comment nous nous positionnons sur ces sujets.

A bientôt sur le terrain ou sur le blog de campagne.

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mercredi 22 janvier 2020

La tour d'ivoire de l'édile

En France, notre culture n'est pas trop celle de la coalition et de la négociation permanente. On le voit dans les relation avec les syndicats, que ce soit en entreprise où les chefs d'entreprise voient les syndicats comme un mal nécessaire et non comme un partenaire, mais aussi au niveau national, où on commence par montrer ses muscles avant de commencer ne serait-ce qu'à discuter.

Cette culture du rapport de force est aussi présente au niveau municipal. C'est ancré dans le processus électoral, qui en voulant dégager une majorité pour gouverner, écrase toute opportunité de négociations ou de tractations sur la politique de la cité. Ah le vilain mot que je vient d'employer, "tractation" jeter à la figure des traîtres et des lâches de l'autre camp. Car une des conséquence les plus forte de notre système électorale majoritaire, c'est qu'il est conçu pour être binaire : on est avec ou contre la majorité !

Si ce système permet de gouverner tranquillement pendant le mandat, il induit beaucoup d'effets de bord:

  • il fait fi de la représentativité de la population au sein du conseil.
  • il bâillonne les divergences et donc la créativité des élus.
  • il donne un pouvoir exorbitant au maire sur les élus de second niveau qui se doivent d'être le petit doigt sur la couture s'ils veulent garder leur délégation, surtout lorsqu'il y a une professionnalisation des élus..
  • il encourage la trahison pour ceux qui voudraient être libre de leur parole.
  • il isole le maire dans une tour d'ivoire entouré du noyau dur des fidèles.

On a vu l'ancien maire Henri Revel tomber pour cette dernière raison. Lors de son dernier mandat, il s'est replié sur son cercle de fidèles probablement à cause de la crainte des trahisons qui n'ont donc pas manquées d'arriver. Les réunions publiques n'existaient plus, probablement par lassitude de devoir se justifier toujours devants les même personnes. Bref, il s'est coupé de sa base militante atrophiée et des citoyens de sa commune.

Je pense que c'est la même chose pour tous les élus qui s'ils n'y prennent pas garde ou ne sont pas constamment rappelé à l'ordre par leurs colistiers risquent de s'isoler dans le confort des certitudes des sachants ou de ceux qui croient savoir.

C'est aussi le rôle de l'opposition de veiller à ce que cela n'arrive pas. Encore faut-il avoir des opposants qui jouent leur rôle. A St Laurent du Var, comment dire... On va dire que si le maire en vient à s'enfermer dans sa tour d'ivoire, il ne risque pas d'être déranger.

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samedi 18 janvier 2020

Harry Potter et les contre-pouvoirs

A la maison nous sommes des fans de la saga Harry Potter et ma fille est carrément dans la catégorie expert puisqu'elle a obtenue haut la main son B.U.S.E[1]. Cette œuvre a beaucoup de qualités, dont celle d'aborder la problématique des contre-pouvoirs.

Si vous ne connaissez pas l'univers d'Harry Potter je vais divulgacher[2] certains ressorts de l'intrigue, donc arrêtez vous de lire là si vous voulez garder le plaisir intact lors de la découverte de ces livres ou films.


Dans les 2 premiers épisodes, on découvre le monde de la magie, et on devine qu'il y a de puissants magiciens, mais ont ne les fréquente pas vraiment. Il y a un ministère de la magie qui régule tout ça, il y a des règles. L'aspect politique de la société des magiciens et la gestion de la société, sont supposés être similaire à la société des moldus[3]. Jusque là c'est bon enfant.

Et puis commence à apparaître des anomalies dans cette gestion de la société. Un peu comme dans celle des moldus d'ailleurs. On découvre qu'il y a des magiciens qui sont enfermés dans une prison pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Dans ce monde de la magie, y a une application de la loi plutôt moyennageuse, et il vaut mieux être bien né et avoir de bonnes relations pour échapper à l'application de la loi. La société des magiciens est structurée autour de rapports de force entre clans, constitués autour de puissants magiciens qui règnent comme des barons au sein de leur clan et sont craints par les membres de leur clan.

Cette société du monde de la magie devient de moins en moins attractive au fur et à mesure que se déroulent les épisodes. Être un magicien médiocre dans cette société est dangereux. Si en plus ce magicien ou cette magicienne n'a pas fait allégeance à un clan, sa vie est d'autant plus précaire. La liberté d'expression, la liberté d'aller et venir sont compromises si l'on ne fait pas partie du bon clan.

Dans les premiers tomes de la saga, tout le monde a envie de devenir magicien, pas forcément du niveau de Harry ou Hermione qui sont des grosbill de la magie, mais déjà comme Ron ou Nevil, ça à l'air sympa. Et puis livre après livre, ça donne beaucoup moins envie, quand on découvre que l'on peut être très sévèrement juger pour des broutilles et condamné à du lourd alors que d'autres s'en sortent, que même les grosbill peuvent mourir juste car on est pas dans le bon clan, que les flics locaux foutent grave les chocottes et que on ne va pas aller leur demander notre route. Hum, cette société de magiciens, même avec son ministère et ses règles ne protège pas si bien que ça ses citoyens. Il y a un problème.

Et le problème c'est les contre-pouvoirs, ou plutôt comment ils existent dans cet univers. Grosso-modo, les contre-pouvoirs dépendent du bon vouloir des plus puissants magiciens. S'ils passent du côté obscure de la force[4], ben pfffuit, plus de contre-pouvoir. C'est typiquement inspiré du modèle monarchique, où si on a du bol on a un bon roi juste et si on a pas de bol on hérite d'un roi taré, ce qui arrive quand même assez souvent avec leurs histoires de consanguinité.

Imaginez un instant, qu'Hermione deviennent méchante, en mode grosbill, pour se venger des humiliations que lui font subir les racistes de magicien contre les descendants de moldus. Clairement elle fait partie des magiciens que l'on préfère avoir dans son camp. Au livre 12[5], elle ridiculise Voldemort. Avec son petit minois elle séduit Harry et se le met dans la poche et hop, ils deviennent maître du monde. Qui est assez puissant pour les arrêter ces 2 là une fois que Dumbledore est mort ?

J'écrirai peut-être une fan-fic un de ces quatre sur le sujet, ça pourrait être amusant.

Pour revenir à notre société, il a fallu des générations pour construire un équilibre démocratique, économique et social. Certes il est loin d'être parfait, mais il met en place des garde-fous et des règles, qui limitent l'emprise des plus puissants. Pour continuer de filer la métaphore avec l'univers d'Harry Poter, les réseaux sociaux sont la technologie de l'Horcruxes donnés à quelques clans, leur permetant d'aller bien au delà de leur pouvoir naturel, rendant obsolètes les anciens équilibres avec leur contre-pouvoirs devenus obsolètes[6].

Comme dans tout éco-système qui est déstabilisé, selon la vitesse à laquelle s'applique le chambardement, soit le système s’effondre et est remplacé par un autre[7], soit on vit une période de transition douloureuse pour qu'il s'adapte. Je plaide pour la seconde solution, comme dans Harry Potter, qui restaure un nouvel équilibre, mais bon, ça fait un peu trop happy end cette conclusion...

Notes

[1] Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire, obtenu il y a 2 ans à Nice.

[2] "Spoiler" en bon américain.

[3] Les moldus sont les non magiciens.

[4] Oui je sais, je mélange un peu tout...

[5] Ben oui pas tout de suite, il faut qu'elle progresse encore un peu.

[6] Je parle de la presse qui n'a pas encore compris comment ne pas se faire manipuler sans perdre ses clients.

[7] Sans vouloir être défaitiste, à part les systèmes populistes ou les dictatures, il n'y a pas beaucoup d'alternatives hélas.

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mardi 31 décembre 2019

Vin de mandarine et de Kumquat

Le dernier billet sur ce blog de la catégorie Vin d'orange date un peu. Alors voici quelques actualités.

Vin de Kumquat

Vin de kumquatMon papa a un pied de Kumquat qui donne beaucoup de fruits. Il en grignote une partie et ne savait pas quoi faire du reste. J'ai donc appliqué la recette du vin de mandarine aux Kumquats, et ma fois le résultat est pas mal du tout. Ce fruit est plus acide, moins juteux, donc je n'ai pas essayé de faire de confitures, même si l'on peu bien sûr en forçant un peu sur le gélifiant (pectine ou agar-agar) ça devrait le faire, mais j'étais un peu juste en nombre de fruits.

Au niveau des saveurs, c'est plus discret en bouche que l'orange amère ou la mandarine. Je pense que ceux qui sont gêné par l'amertume du vin d'orange apprécieront. Personnellement, je trouve un peu fade à côté du vin de mandarine, mais bon, celles que me donne mon voisin sont tellement excellentes que on ne joue pas dans la même catégorie.

Un des intérêt du vin de kumquat, c'est qu'il se fait au printemps alors que celui de mandarine plutôt au début de l'hiver. Ça permet de lisser ma production, qui certes est énorme, mais enquiquine quand même tout le monde dans la cuisine.

Vin de mandarine

Dans la recette utilisée, certaines modifications que j'ai introduites avec le temps ont eut des effets de bord. En remplaçant le vin rosé par du vin blanc d'une part, et en remplaçant l'alcool de fruit par du rhum d'autre part, le résultat est plus fruité et plus homogène, le vin étant plus discret dans le mélange. L'apéritif résultant s'éloigne du vin et semble plaire à plus de monde, dont ma très chère épouse.

Confiture de mandarine

C'est la galère à chaque fois pour obtenir une confiture qui prend en raison de l’acidité des fruits qui rendent moins efficace l'action du gélifiant. Pour ma dernière fournée, j'avais 1,2kg de fruits épluchés. J'y ai ajouté 800g de sucre roux. Je pense que l'on pourrait descendre à 700g, mais pas beaucoup moins si on ne veut pas avoir de problème de conservation. J'ai ajouté environ 3 cuillères à café bombées d'agar-agar, et hop dans 5 pots. C'est une tuerie le truc.

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mercredi 25 décembre 2019

Le déterminisme algorithmique

Un tweet de Séverine Erhel (@Sev_Erhel), professeur psychologie et ergonomie cognitive à l'Université de Rennes 2

Rien de nouveau sur l’éthique mais j’apprends quand même que « 70% des vues sur YouTube sont le résultat de recommandations de son intelligence artificielle », ça questionne sévèrement l’autodétermination des individus sur ce type de plateformes

Citant le le Tweet de Usbek & Rica (@USBEKetRICA)

Le chercheur et Youtubeur de @le_science4all Lê Nguyên Hoang propose des pistes pour faire émerger des IA plus éthiques. Un défi très complexe, mais « l’un des plus excitants à accomplir » « L’attention est devenue le nouveau pétrole » https://usbeketrica.com/article/cer...

Sur ce blog, je m'en prend souvent à Facebook comme modèle caricatural pour illustrer la dangerosité des algorithmes utilisés par les réseaux sociaux. Mais Facebook n'est bien entendu pas le seul. En fait, dès qu'il y a une suggestion de contenu faite par un outil, il y a un algorithme derrière, plus ou moins évolué, qui vise un objectif mercantile.

Cela peut être simplement un produit similaire ou complémentaire dans une boutique en ligne. Dans ce cas l'algorithme est extrêmement rudimentaire et comme l'on est dans un processus d'achat, nous avons toujours notre libre arbitre. Cela reste de la publicité ciblée mais au même titre que les promotions. Le commerçant fait son job de commerçant et il n'y a pas d'entourloupe.

Là où il y a problème, c'est lorsqu'il y a altération de notre capacité d'autodétermination. Et c'est ce que font les algorithmes des réseaux sociaux, ou comme cité ici de Youtube, filiale de Google. La personnalisation du contenu est extrêmement dangereuse, car elle encourage et cristallise la démarche communautariste. Une fois le profile créé et donc les contenus correspondants à ce profil mis en avant systématiquement, comment sort-on de cette bulle informationnelle ou de divertissement ? L'internaute profilé, se voit proposer ce que l'algorithme calcule comme étant supposé lui correspondre, l'intéresser ou le faire réagir.

Cette approche correspond au modèle sociale américain, qui est une agglomération de communautés qui vivent en parallèle: les gens font d'abord partie d'un groupe social avant de faire nation. Ce modèle, qui plaît à certains n'est pas le modèle français qui est basé sur l'assimilation, faire en sorte que tous les individus soient français avant d'être autre chose. J'espère me tromper, mais il me semble que l'apposition du modèle américain sur le modèle français est en train de mettre à mal ce dernier, et les réseaux sociaux, dans leur forme actuelle avec des algorithmes qui renforcent la communautarisation, en sont de puissants destructeurs.

L'utilisation des intelligences artificielles pour améliorer encore plus la construction de ces bulles informationnelle est clairement une mauvaise nouvelle pour notre identité et cohésion nationale.

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lundi 23 décembre 2019

Star war: la déchéance d'un mythe

J'ai aimé Star War, la trilogie originale (épisode 4, 5 et 6). J'ai aimé aussi le pré-logie (épisodes 1, 2 et 3) et surtout l'épisode 3. J'ai aimé l'épisode "Rogue One" qui se situe juste avant l'épisode 4. En revanche, les épisodes 7, 8 et 9 ne sont pas, et de loin, à la hauteur de l'univers de Star War.

L'épisode 7 était une espèce de compilation des scènes cultes de la trilogie, avec zéro originalité, des quantités d'anomalies par rapport aux règles de l'univers et des incohérences scénaristiques, sans parler du jeu des acteurs médiocres. L'épisode 8 je ne m'en souvient pas tellement il m'a marqué et le dernier épisode, le 9 que je suis allé voir avant hier est juste agaçant à force de ne pas tenir la route et d'être déséquilibré.

J'ai passé tout l'épisode à me demander si le scénario allait essayer de nous surprendre, tellement les scènes étaient téléphonées et prévisibles, jusqu'à en devenir inutiles et longuettes, voir même stupides. Je vais tacher de ne rien divulgacher:

  • Il n'y a que 2 bisous, et le premier des 2 est une honte scénaristique.
  • Les combats au sabre laser sont médiocres. On se rappellera que la force permet de sentir le futur, ça serait bien de le sentir dans les combats.
  • On adore le personnage capable de léviter, mais qui a du mal à escalader une ruine.
  • Les retournements qui transforment des personnages en Jedi juste pour simplifier l'intrigue de cet épisode, mais qui casse le peu de cohérence des épisodes précédents.
  • Le général qui part en mission en première ligne, c'est tout à fait normal.
  • La mesure dans les proportions, avec une armée 10 000 fois plus grande que l'armée déjà 10 000 fois plus grande que la résistance, sans parler de d'où ils sortent autant d'équipages.
  • La miniaturisation des armes en 2 épisodes. Le machin qui a besoin d'un soleil pour fonctionner se balade maintenant sur un vaisseau.
  • Le pouvoir de guérison maîtrisé comme ça, à l'improviste.
  • ...

C'est réellement frustrant de se dire qu'avec un tel budget, Disney ne soit pas capable d'engager de bons scénaristes, de bon paroliers et accessoirement de bons acteurs. Au final on a des films avec une débauche d'effet spéciaux, qui n'arrivent même pas à camoufler la médiocrité du scénario.

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lundi 16 décembre 2019

La technique de la tenaille et la confiance

Lorsqu’il était encore conseiller municipal d’opposition, Joseph Segura a bénéficié de la technique de la tenaille pour mettre en difficulté le maire de l’époque, Henri Revel.

Aux élections cantonales, Henri Revel s’est vu opposé 3 candidats de droites qui ont dilué les voix de son électorat et l’ont fait arriver en seconde position derrière un illustre inconnu du Front National. Aux municipales qui ont suivi, même technique, avec 3 listes de droite. Le principe est simple, plus il y a de listes de droite, et moins le maire UMP ou LR fait de voix et est affaibli. Pendant ce temps, les autres formations politiques sont peu impactées, notamment les extrêmes qui font le plein des voix de leur socle électoral.

Ce qui est amusant, ou pas, c’est que les mêmes personnes qui ont trahi Henri Revel et se sont présenté contre ce dernier pour permettre à Joseph Segura d’être élu, lui font le même coup : Villardry et Corvest ont tous les deux été adjoints de Revel, lui ont tourné le dos, puis adjoint de Segura, et à nouveau en dissidence ou tout comme.

La confiance en politique n’est pas chose facile. Ceux qui ont trahi, ont visiblement des prédispositions à recommencer.

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samedi 14 décembre 2019

Le visuel qui va nous représenter durant cette campagne

Voici le visuel que nous avons choisi pour la campagne des municipales:

C'est un nuage de mots qui représente les valeurs et projets de société que nous voulons porter. Ce nuage de mots représente aussi un oiseau que l'on croise localement, symbole de grâce et d'efficacité. Saurez-vous le reconnaître ?

Le mot clé ENSEMBLE est le cœur de nos différents projets pour Saint Laurent du Var, c'est pourquoi nous le retrouvons également dans le nom de notre liste. Nous voulons porter l'idée du travail d'équipe pour construire des projets pour la collectivité, de la finalité de faire ensemble notre cité, d'agréger nos différences pour nous enrichir.

En même temps que ce visuel, nous lançons aussi un blog de campagne qui comportera entre autre les éléments de notre programme : www.slv-lre.fr

A suivre...

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samedi 7 décembre 2019

Des trolls synthétiques

On entend beaucoup parler d'intelligence artificiel dans le monde du numérique depuis quelques années. C'est un sujet qui m'agace beaucoup, car le marketing s'est emparé d'un concept et l'a simplifié à outrance. Maintenant on ne sais plus de quoi on parle.

Machine learning

L'essentiel des sujets sur l'IA ne traite pas d’intelligence mais de ''machine learning"", c'est à dire des processus d'apprentissage transposés à un ordinateur qui vont lui permettre d’acquérir des capacités de choix plus performantes basées sur l'apprentissage et non l'analyse. En gros, on donne à la machine des milliers de problèmes avec leur solution à analyser. La machine, si les algorithmes sont bien écrits, peut ensuite, quand on lui présente un problème, trouver beaucoup plus rapidement la réponse. Il n'y a aucune capacité déductive, c'est un mécanisme statistique.

Dernièrement, cette approche a été utilisée en médecine. Cela permet d'obtenir extrêmement rapidement et automatiquement, une lecture des scanners des patients pour détecter d'éventuels cancers. Grâce à l'apprentissage, la machine aboutie à un taux de réussite équivalent à une équipe de médecins spécialisés.

La médecine est un secteur qui produit beaucoup de données complexes, mais qui ont un énorme avantage, c'est qu'elles sont validées et complétées par une expertise humaine. On a donc des millions de données médicales, interprétées par des médecins, et dont on connaît les suites médicales. Ces données sont en plus extrêmement reproductibles. Une mine de données pour former des algorithmes prédictifs.

Et avec quoi entraîne-t-on les machines à apprendre ?

Dès que l'on dispose d'une grande quantité de données, il est possible de les donner à manger à une machine, et donc de produire des analyses ou des prédictions sur des échantillons de données beaucoup plus réduits. C'est ce que font nos très, très chers GAFAM. Toutes les données que nous partageons avec eux sont digérées en permanence par des milliers de machines dont la seule mission consiste à essayer de prédire les comportements individuels.

Ces géants du net font du machine learning depuis longtemps, c'est comme ça qu'il valorisent les données que nous leur donnons.

De plus en plus simple

Avec la puissance de nos ordinateurs ou smartphones actuels, il est possible de démocratiser le machine learning et de le faire arriver sur nos terminaux individuels. Et bien sûr, si le code devient "portable" alors on peut l'utiliser pour des usages tout autres, comme par exemple créer des armées de trolls qui pourraient être codé pour se comporter comme n'importe quel individu, au choix un faux consommateur pour gruger des entreprises, un faux militant pour propager des opinions ou en combattre d'autres, un faux citoyen pour manipuler des groupes... Bref une fausse personne qui va consommer de l'énergie et faire perdre du temps aux vraies pour épuiser un adversaire économique ou politique.

Nous entrons dans l'ère des trolls de synthèse, encore détectables, mais plus pour longtemps. Nous vivons une époque formidable...

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mercredi 27 novembre 2019

Dire le bien ou le mal, mais plus la vérité

Quelques tweets qui interpellent:

Raphaël Enthoven @Enthoven_R (source)

L'enjeu, pour @RoyalSegolene, n'est pas de dire la vérité mais de dire le Bien, en estimant que ce qui est Bien DOIT être vrai puisque les gens l'approuvent. Ce faisant, elle alimente un rapport sentimental au "savoir", qui est le Mal spécifique de notre époque.

en réponse à

Géraldine Woessner @GeWoessner

Ségolène Royal, en roue libre, affirme que les cancers du sein sont dûs aux pesticides. C'est faux. Cela illustre l'hallucinante ignorance qui alimente cette rage irrationnelle contre les agriculteurs...

Brice Couturier @briceculturier

"Cette conviction tacite, commune à tous les croyants, d'être des gens de bien parce qu'ils croient en ce qu'ils croient, la foi étant vertu et, par extension, l'incrédulité étant péché ou, au mieux, objet de pitié." Ian McEwan, Les chiens noirs, p. 25.

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vendredi 22 novembre 2019

Le point du jour, la démolition d'une des tour a commencé

J'ai relu le billet que j’écrivais en 2007, il y a un peu plus de 12 ans, sur ce quartier de St Laurent du Var:

Le point du jour à St Laurent du Var

Mon propos n'a malheureusement pas pris une ride. Concentrer des populations avec des difficultés nécessite que la collectivité fasse des efforts supplémentaires.

A delà de l'actualité de la démolition d'une tour, il me semble qu'il y a un problème de gestion liée au fameux mille-feuilles administratif. La citée du point du jour est gérée par Côte d'Azur Habitat, qui a donc une vision départementale des problématiques et un budget départemental, donc par essence, indépendant des communes et de leurs décisions ou orientations politiques.

Si aujourd'hui, le maire veut faire un choix budgétaire fort en investissant dans ce quartier, il est vite limité par le fait que c'est Côte d'Azur Habitat qui est propriétaire et gestionnaire des bâtiments. La ville en tant que telle ne peut pas beaucoup s'immiscer dans les affaire privées du bailleur. Certes il y a des relations entre ville et bayeurs sociaux, mais c'est du partenariat, la ville dispose donc d'un levier restreint sur la politique de Côte d'Azur Habitat.

Donc si le propos de mon billet de 2007 me semble toujours pertinent, je réalise que si je me retrouve demain aux affaires de la commune, je serais bien en peine de le mettre en œuvre, même si j'avais le complet soutien de la population, ce qui n'est pas acquis, compte tenu des égoïsmes d'une partie des citoyens.

C'est la différence entre le populiste qui vous dirait qu'il peut tout faire et qu'il suffit de le vouloir, sous entendu la gouvernance actuelle ne le veut pas assez fort, et le réaliste qui vous dira qu'il tentera le plus fort qu'il peut d'infléchir des décisions sur lesquelles il n'a qu'une bribe de pouvoir. Électoralement parlant, être réaliste n'est pas très vendeur. Il va falloir trouver une meilleur formule ;)

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mercredi 20 novembre 2019

L'intelligence dite artificielle

On entend beaucoup parler d'intelligence artificiel dans le monde du numérique depuis quelques années. C'est un sujet qui m'agace beaucoup, car le marketing s'est emparé d'un concept et l'a simplifié à outrance. Maintenant on ne sais plus de quoi on parle.

Machine learning

L'essentiel des sujets sur l'IA ne traite pas d’intelligence mais de machine learning, c'est à dire des processus d'apprentissage transposés à un ordinateur qui vont lui permettre d’acquérir des capacités de choix plus performantes basées sur l'apprentissage et non l'analyse. Le machine learning est un morceau de la science de l’intelligence artificielle, ce n'est pas toute l'IA. En gros, on donne à la machine des milliers de problèmes avec leur solution à analyser. La machine, si les algorithmes sont bien écrits, peut ensuite, quand on lui présente un problème, trouver beaucoup plus rapidement la réponse. Il n'y a aucune capacité déductive, c'est un mécanisme statistique.

Dernièrement, cette approche a été utilisée en médecine. Cela permet d'obtenir extrêmement rapidement et automatiquement, une lecture des scanners des patients pour détecter d'éventuels cancers. Grâce à l'apprentissage, la machine aboutie à un taux de réussite équivalent à une équipe de médecins spécialisés. La médecine est un secteur qui produit beaucoup de données complexes, mais qui ont un énorme avantage, c'est qu'elles sont validées et complétées par une expertise humaine. On a donc des millions de données médicales, interprétées par des médecins, et dont on connaît les suites médicales. Ces données sont en plus extrêmement reproductibles. Une mine de données pour former des algorithmes prédictifs.

Le machine learning est partout, il existe même des modules à ajouter aux programmes informatiques. Renomé IA, c'est l'Eldorado du moment, le bonus marketing à mettre sur une fiche produit.

Et avec quoi entraîne-t-on les machines à apprendre ?

Dès que l'on dispose d'une grande quantité de données, il est possible de les donner à manger à une machine, et donc de produire des analyses ou des prédictions sur des échantillons de données beaucoup plus réduits. C'est ce que font nos très, très chers GAFAM. Toutes les données que nous partageons avec eux sont digérées en permanence par des milliers de machines dont la seule mission consiste à essayer de prédire les comportements individuels.

Ces géants du net font du machine learning depuis longtemps, c'est comme ça qu'il valorisent les données que nous leur donnons.

C'est magnifique, j'en veux !

Le problème, c'est que le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais de l'ingurgitation de données. La question est la pertinence de ces données.

Dernièrement, un magnifique scandale a explosé chez Amazon qui avait mis en place un système de tri des CV par une machine. Qu'a donc fait la machine ? Puisqu'elle a été entraînée à partir des recrutements précédents qui avaient fonctionné, elle a reproduit les même schéma de tri que les service de recrutement faisaient avant, qui étaient sexistes et racistes.

Le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais une automatisation de processus complexes. Et tout comme le code d'un programme défini comment il fonctionne, la source d'apprentissage définie ce que la machine va faire des données futures.

Ce sont les algorithmes et ceux qui les écrivent qui décident, quant ils ont les compétences...

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dimanche 10 novembre 2019

Des révolutions sans leader ne permettent pas de construire une politique participative

Le monde est en ce moment traversé par des mouvements révolutionnaires, au Liban, à Hongkong, en Syrie, en Algérie et aussi dans une certaine mesure celui des gilets jaunes. Ces mouvements ont une caractéristique en commun, c'est qu'ils n'ont pas de leader. Ce sont des mouvements spontanés ou presque[1] qui n'existent que grâce aux outils que sont les réseaux sociaux et qui ont une très forte connotation de dégagisme, c'est à dire qu'il y a une volonté de virer la classe dirigeante, sans pour autant proposer une alternative.

Pas de leader, donc pas d'idéologie

Cette absence de leader est un marqueur de mouvements de rejet mais pas de construction. N'importe quel apprentis en politique sait qu'il est beaucoup plus facile de lever des foules pour s'opposer à quelque chose que pour bâtir quelque chose. Aller dénoncer un changement rapporte toujours plus de soutien, que de défendre une évolution. C'est pour cela que les mouvements populistes prospèrent.

S'opposer et dénoncer est à la portée de n'importe quel abrutis avec un porte voix, en quelques minutes. Proposer nécessite un travail, des compétences, de l'expertise, du temps long et de fédérer des gens sans le pseudo-lien de la révolte.

L'indignation non constructive

Ces mouvements révolutionnaires sans leader issus des réseaux sociaux n'en sont pas moins légitimes, car ils expriment un rejet d'un système ou de choix politiques. Tout légitimes qu'ils puissent être, ces mouvements posent un problème démocratique.

En effet, l'humain est par nature un animal conservateur qui choisira très majoritairement le statu quo, le changement étant une source de stress et d'inconfort pour la grande majorité. Pour pouvoir avancer, nos systèmes démocratiques imparfaits ont été construits pour faire émerger des majorités électorales. Ces majorités de gouvernement pouvaient fonctionner et faire avancer nos sociétés en se basant sur le principe qu'une très grande majorité de citoyens délèguent leur pouvoir à des leader à qui ils confient le soin d'être des experts pour gérer et faire évoluer la société.

Aujourd'hui, les évolutions technologiques peuvent permettre de remettre en question cette délégation. Il serait théoriquement possible, que les citoyens garde leur délégation et soient directement acteurs des décisions de gestion et d'évolution de la société. Les leaders qui permettent à notre société de fonctionner sont donc contestés, par une minorité bruyante de plus en plus importante[2].

Le leurre de l'autogestion, et du système participatif

Cette minorité, qui ne pouvaient s'exprimer au par avant qu'au sein des organisations politiques, syndicales ou associatives était filtrée par divers mécanismes de représentation. Même au sein de ces organisations, la voix était portée par des leaders, en général reconnus pour leur expertise.

Les outils que sont les réseaux sociaux permettent de court-circuiter tous ces mécanismes de représentativité. Alors certes, cela donne la parole à tout le monde et plus seulement à une sorte d'élite. Le problème c'est que cela court-circuite aussi les experts, les gens avec une légitimité pour porter une parole et défendre un point de vue. Monsieur et madame Toutlemonde qui n'a ni le temps, ni les compétences, est placé sur un pied d'égalité avec les experts pour donner son avis sur tout et n'importe quoi.

Et à votre avis[3], que va-t-il se passer quand quelqu'un qui n'a pas la connaissance d'un sujet s'exprime ? Comment gouverner une foule ou chacun veut donner son avis sur tout, mais surtout pas se former ou acquérir le minimum sur le sujet, faute de compétence, de temps ou d'envie ?

La réponse est facile à imaginer. Les majorités qui émergeront ne seront que des majorités d'opposition, de statu quo dans le meilleur des cas, et dans le pire, des majorités aisément manipulables par les populistes qui ne s'encombrent pas de réalisme. On l'a magnifiquement vu avec le brexit qui est un cas d'école: ceux qui voulaient rester dans l'Europe argumentaient sur les bénéfices économiques, l'éducation, la liberté, ceux pour la sortie argumentaient sur les peurs de l'étranger et le vol de l'argent des contribuables britanniques, uniquement des fadaises, mais qui lèvent autrement plus les foules que les discours technocratiques.

On peut quand même faire participer les citoyens

Est-ce à dire que l'on ne peut pas demander leur avis aux citoyens en dehors des périodes électorales sans courir à la catastrophe ? Bien sûr que non. La co-construction, la participation est possible, mais à condition de réintroduire l'expertise et le temps long. C'est ce que tente Emmanuel Macron avec l'OPNI[4] de la "Convention citoyenne pour le climat", qui rassemble 150 citoyens tirés au sort pour plancher sur le climat pendant 4 mois. Ces citoyens auditionneront des spécialistes pour construire des solutions. Ils pourront, sur ce sujet, acquérir une expertise, se former pour donner un avis éclairé.

La participation des citoyens aux décisions de la cité nécessite soit de former les citoyens, soit de faire de la pédagogie, soit de passer par des associations qui acquièrent l'expertise pour échanger avec les élus et administrations. Ce n'est donc pas impossible, mais c'est du temps long et beaucoup de pédagogie, très, très loin de l'instantanéité des réseaux sociaux qui ne fonctionnent que sur l'émotivité.

Notes

[1] On ne se leurrera pas sur le fait qu'il peut y avoir des influences en sous-main pour attiser des problèmes réels

[2] Je ne parle pas ici de corruption et autre enrichissement personnel qui légitiment le rejet de ces dirigeants malhonnêtes.

[3] Non je ne vous demande pas votre avis, c'est une tournure stylistique.

[4] Objet politiquement non identifié.

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jeudi 31 octobre 2019

La laïcité appréhendée par les juges

Voici un extrait d'une discussion autour de la laïcité donnée par le juge Christophe Tukov en mai 2018:

Il y aborde, entre autre, 3 exemples: le burkini, les repas de substitution et le foulard en entreprise.

Je noterai surtout la conclusion qui dit en substance que ces trois exemples ne sont pas des problèmes de laïcité du point de vue du juge. La laïcité est invoqué par les uns ou les autres pour obtenir un droit ou une interdiction auprès des juges alors que ce sont avant tout des questions de vivre ensemble. Il fini en rappelant que la laïcité peut être inclusive ou exclusive selon le bord politique qui l'invoque, et le juge dois être vigilant à ne pas être instrumentalisé par les politiques.

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mercredi 30 octobre 2019

Message de service: tag de trafic, https

Tag de trafic

Depuis que ce blog existe, j'ai en place différents tags de trafic qui me permettent d'avoir une idée de la fréquentation de ce blog. Le problème de ces tags c'est leur propriétaires. En effet s'ils sont gratuits pour moi, il faut bien que ceux qui les fournissent gagnent leur vie. Pour mémoire, sur internet, quand un service à valeur ajoutée est gratuit, c'est que c'est vous le produit. Ici pour le dernier tag de trafic encore en place, Google fourni une merveilleuse plateforme de suivi du trafic et des activité des internautes sur mon site en échange justement de ces activités, qui, elles, sont utilisées à des fin mercantiles par Google.

Cela fait un moment que je m'interroge sur l'incongruité de défendre la liberté sur le net et de mettre sur mon blog des outils de suivi. J'ai enfin décidé de renoncer à ces tags, dans la mesure où l'information qu'ils me fournissent a un intérêt assez limité et de moins en moins fiable. Car il est maintenant possible avec un navigateur comme Firefox ou divers plugins sur les autres navigateurs, de bloquer ces tags. Donc d'ici quelques temps, entre 10% et 20% des internautes vont sortir des statistiques fournies par Google. Sur mon blog, ce sera probablement plus, puisque les utilisateur de Firefox sont plus nombreux qu'ailleurs.

https

Le blog passe maintenant en HTTPS par défaut. Cela ne change pas grand chose pour vous, mais il parait que c'est mieux pour le référencement dans les moteurs de recherche. On verra si cela change quoique ce soit.

Il est probable que si vous allez sur de vieux billets de ce blog où je n'ai pas fait attention, vous ayez un message indiquant qu'il y a du contenu mixte, sécurisé et non sécurisé dans la page. Pas d'inquiétude, c'est normal. Vous pouvez de toute façon continuer à naviguer sur le blog en HTTP ou en HTTPS, les 2 fonctionnent toujours.

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mercredi 23 octobre 2019

La vérité est une opinion comme les autres

Ça y est, on y est. Il y a encore quelques années, le titre de ce billet aurait été "La vérité est-elle une opinion comme les autres ?" et aurait put être un sujet du bac. Mais aujourd'hui, ce n'est plus une question. On peut l'affirmer. Comment en est-on arrivé là ?

Dans un monde où la recherche de la vérité n'est plus un prérequis à l'information, où les éditorialistes sont plus écoutés que les journalistes, où les corps intermédiaires sont totalement discrédités, inaudibles et court-circuités (élus, syndicats, associations), où les scientifiques sont remis en cause par des incultes, les opinions deviennent des vérités.

Les réseaux sociaux destructeurs de vérités

Les réseaux sociaux (facebook, twitter, snapchat, instagram...) amplifient le phénomène en donnant le même poids à toutes les sources, la légitimité étant construite par la popularité et non le contenu ou le travail de construction. En quelques années, disons 5 ans, la valeur de l'information a complètement changée. Depuis des décennies, les sources de vérité mettaient du temps à se construire, à devenir légitimes, en général par l’acquisition d'une expertise sur le sujet et par la construction d'une crédibilité basée sur le temps long.

A l'ère de l'instantanéité et de la recherche d’audience permanente, le temps médiatique n'est plus compatible avec le temps de l'investigation, de la recherche, de l'établissement des faits et des preuves. La vérité est trop longue à construire, à expliquer, à transmettre.

Dans le même temps, les lecteurs ou auditeurs ne sont plus à la recherche de la vérité mais d'une information divertissante (infotainment) ou émotionnellement riche (polémique, scandale, tragédie). Le temps long de la vérité n'est que partiellement compatible avec cette économie du divertissement ou de l'émotion à tout prix.

Temps de cerveaux et économie de l'attention

Les média qui ont des contraintes économiques, vont avoir à arbitrer entre l'investigation et le buzz. Devinez qui va perdre à chaque fois ? Économiquement parlant, la vérité et sa recherche n'est rentable que pour approvisionner de la polémique. Dans une économie de l'attention où les auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs n'ont qu'une capacité limité d'attention ou de temps, comment la capter avec de la complexité, de la remise en contexte, des explication nécessitant de la culture ? Nayons aucun espoir, pour la masse, le temps long de l'expertise et de l'investigation n'est plus intéressant, donc économiquement non rentable pour financer sa construction.

La vérité est devenue juste une opinion, comme une autre.

On peut donc l'ignorer, la mépriser, la remettre en cause comme les milliers d'autres opinions. La vérité n'a plus aucun statut particulier:

  • Les journalistes, du moins ceux d'investigation, avaient pour missions de rechercher la vérité, en s'appuyant sur des données factuelles, en les remettant en perspective, afin de construire un récit étayé. Leur propos n'a plus grande valeur, et n'importe qui, qui dispose d'une parole publique peut les remettre en cause, sans même avoir besoin de fournir un travail d'analyse puisque plus personne ne consacre du temps à prendre connaissance des analyses.
  • Les scientifiques, grâce à leurs expériences, leur accumulation de connaissances et de compétences, étaient avant tout des chercheur de vérité. Leur expertise est mis au même niveau que n'importe quel publication sur le net pondu par n'importe qui avec quelques mots compliqués pour enfumer.

Toutes les opinions, un peu sexy, notamment lorsqu'elles sont du domaine de l'émotion ou de la théorie du complot, supplantent les vérités académiques, les vérités de l'investigation, les vérités de la raisons.

Les vérités sont remises en doute par leur propre méthode de validation

Les mécanismes qui existent pour laborieusement construire une vérité en s'appuyant sur des remises en doute, des preuves, des expériences, des croisements d'informations, bref du travail, sont ignorés, et ne servent qu'à étayer le fait qu'une vérité n'en est pas une et que ce n'est qu'une opinion.

Par exemple, l'âge du premier humain sur terre est une donnée scientifique qui a beaucoup évoluée en fonction des techniques scientifiques pour l'évaluer. Il y a une convergence du monde scientifique, des variations à la marge, mais grosso modo, toute la communauté scientifique aboutie par une manière ou une autre à la même vérité, qui se chiffre, selon comment on lit, à 200 000 ans pour l'homme moderne, et environ 2 millions d'année pour ses ancêtres. Pourtant, on trouve des textes qui expliquent que les humains existent depuis 10 000 ans (par exemple ici).

Si on était habitué à ce genre de distorsion de la vérité avec les religions qui ont souvent du mal avec la vérité scientifique, aujourd'hui, la foi n'est plus la seule raison de la remise en cause du discours scientifique comme le montre les propos du président des USA, Donald Trump sur le réchauffement climatique.

Et maintenant ?

La vérité est donc traitée comme une opinion par beaucoup de canaux de diffusion de l'information. Certains canaux vont continuer à la servir, mais de moins en moins accessible, de plus en plus réservée à une élite qui aura soit les moyens financiers, soit une expertise rare. La vérité va devenir de plus en plus difficile d’accès au grand public, ce qui est incroyable au moment où, avec les outils numériques, elle devrait être la plus accessible. On est loin de ce que les inventeur de l'internet libre rêvaient.

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