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Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

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Mot-clé - Série et film

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lundi 26 décembre 2022

Nouveau tag: Série et film

Comme en ce moment la politique ne me motive pas du tout et que je cause de séries, j'ai ajouté un nouveau tag sur le blog: Série et film.

En le créant, je me suis aperçu qu'il y avait pas mal de contenu dans ce blog qui peut être rattaché à ce tag, puisqu'en faisant une promenade rapide dans les archives, il y a déjà pas moins de 24 billets.

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samedi 3 décembre 2022

J'ai découvert les k-drama

Un des avantage de Netflix ou de Arte, c'est l'opportunité d'accéder à des productions de nombreux pays. Au début de notre abonnement à Netflix, nous avons regardé plutôt des séries américaines. Puis nous avons exploré les films ou séries allemandes, danoises, anglaises, espagnoles, turcs, australiennes... Bref nous sommes parti en voyage grâce aux productions cinématographiques ou télévisées, que nous n'aurions probablement pas recherché sans l'accessibilité que nous donne ces plateformes.

Bien sûr, il ne faut pas regarder les versions doublées, mais la VO sous-titrée pour apprécier le jeux des acteurs et surtout éviter l'espèce de lissage émotionnelle que comporte les doublage bas de gamme.

Dernièrement j'ai découvert les drama coréen ou k-drama. Honnêtement, je ne pense pas que j'aurais regardé ce type d’œuvre si je n'avais pas un abonnement Netflix. Maintenant que j'ai découvert, je suis un grand fan et carrément acro.

C'est quoi un k-drama ?

C'est un format romanesque qui semble avoir des règles d'écriture. Voici celles que j'ai identifiées:

  • C'est une histoire d'amour impossible. On sait dès le début que les protagonistes vont tomber amoureux l'un de l'autre, alors qu'ils semblent être incompatibles, en général pour un problème de classe sociale ou des familles antagonistes. Le plaisir n'est pas d'être surpris qu'ils finissent ensemble bien sûr, mais de découvrir le chemin qu'ils empruntent pour y arriver.
  • Il y a toujours du luxe à un moment ou l'autre, avec l'un ou l'autre des amants issu d'un milieu favorisé, ou qui s'y retrouve projeté. C'est la part de rêve bon marché de ces histoires.
  • Les héros suivent leur destin qui semble presque écrit d'avance. L'amour d'enfance devient l'amour d'adulte, le milieu social d'origine est difficile à quitter et s'il a été quitté, on y est toujours ramené. Je ne sais pas si c'est propre au k-drama ou si c'est un élément culturel coréen, mais c'est une grosse différence avec le modèle de société occidental, où l'on forge son destin et non on navigue dedans.
  • Même chose pour la famille, et l'autorité du père ou de la mère, le respect des anciens qui sont omniprésents, presque pesant. Je pense que c'est un élément clé de la société coréenne qui forcement se retrouve dans les films, pas forcément une spécificité des k-drama.
  • Dans un k-drama, il n'y a pas de sexe, tout juste des bisous (pas avant l'épisode 6) et beaucoup, beaucoup de larmes (on peu voir les scènes qui ont été tournées en fin de journée lorsque les yeux des acteurs sont rouge). Ça change des séries américaines ou espagnoles, où ils finissent au lit avant la fin du premier épisode. De même l'homosexualité est à peine évoquée. C'est une possibilité, mais comme c'est la romance qui compte, le sexe des amoureux n'a pas tant d'importance que ça.
  • Certains aspects de l'histoire sont expédiés grossièrement sans tenir compte du réalisme pour se concentrer sur l'intrigue romanesque principale. Même dans les meilleurs réalisations, il y a des raccourcis ou des incohérences (comment l'argent est trouvé, comment font-il pour se déplacer aussi vite d'un endroit à l'autre, comment se trouvent-ils à cet endroit par hasard...). Au début ça choque un peu et puis on s'y fait. C'est d'autant plus drôle lorsque les scénaristes s'en amusent en faisant réagir les personnages à ces incohérences ou en les mettant en abîme avec les personnage qui se moquent des incohérence d'un k-drama qu'ils sont en train de regarder à la télévision, dans lequel l'intrigue est grossièrement celle que l'on est en train de suivre.
  • En terme de réalisme, on a des décors toujours magnifiques, des fleurs même en hiver, toujours de la lumière, même la nuit en pleine forêt et des personnages principaux, beaux et belles comme des gravures de mode, toujours maquillés, même au réveil. Dans le pire des cas, il y a une mèche de cheveux qui s'échappe pour signifier que le personnage est décoiffé. On est là pour se rincer l’œil avec de belles personnes, donc les gentils sont beaux et les méchants sont soit moches, soit avec des comportement explicites de vilains: réunions clandestines, rire sardonique, regard en coin...
  • Les personnages secondaires se doivent d'être presque caricaturaux, car ils sont là pour faire émerger une caractéristique des héros et héroïnes. Il y a des acteurs époustouflants ou carrément nuls dans les rôles secondaires. C'est assez déroutant de voir cohabiter dans la même scène de grands acteurs et des gens qui récitent un texte.
  • Le placement de produit est un truc super amusant. Parfois les scénaristes le font discrètement, mais la plus part du temps c'est grossier: gros zoom sur la marque, une tirade d'un personnage qui sort de nul part pour venter un produit... Ça en est presque drôle.
  • La conclusion de l'histoire est forcément le "happy ending", car on s'est attaché à nos héros, on a frémis et souffert avec eux, on s'est insurgé des coups du sort qui les empêchent d'être ensemble. Au bout de 16 ou 20 épisodes, ça suffit, on veut se réjouir avec eux.

Quelques exemple de k-drama

Alors voilà quelques uns des k-drama que j'ai regardé dernièrement sur Netflix, et pourquoi je les ai aimé.

Hometown Cha-Cha-Cha

Une dentiste très citadine de la capitale débarque dans un village de pécheurs et décide de s'y installer, puis tombe amoureuse du beau gosse du coin. Dans cette série, les personnages secondaires sont merveilleux, on adore la grand mère, le musicien raté, le couple divorcé qui se tourne autour. On y découvre le fonctionnement de la collectivité et la solidarité, les trauma que l'on a tous en nous. Il y a forcément quelqu'un à qui s'identifier qui fait vibrer.


The King's Affection

La sœur jumelle du prince héritier qui est supposée avoir été supprimée à sa naissance, se retrouve a devoir le remplacer suite à sa mort et cacher quelle est une femme, qui bien sûr tombe amoureuse (on est dans un k-drama quand même).

On est à Joseon, au palais royal du temps des combats au sabre, des rois, reines, princes et princesses, et des intrigues de la cours, des ministres qui veulent le pouvoir, des eunuques et des servantes. C'est une magnifique plongée dans la Corée du moyen âge, avec un grand soin de l'image et des décors, et au passage beaucoup d'explications sur le fonctionnement de la cours (ce qui aide pour comprendre les autres k-drama qui se déroulent dans le même univers, mais partent du principe que l'on connaît tout ça).

L'homosexualité est évoquée, mais juste effleurée, puisqu'un homme qui aime de manière romanesque le prince, ça ne se fait pas, même si nous, nous savons que c'est une femme. D’ailleurs l'affiche officielle représente l'actrice comme un personnage femme et non comme le prince. Les scénaristes nous emmènent dans un écheveau d'intrigues et de rebondissement de plus en plus inextricables avec beaucoup de talent. Comment vont-il finir par pouvoir s'aimer ? Cette série a été récompensées et c'est mérité.

Crash Landing on You

Une riche business-woman a un accident de parapente et atterrie en Corée du nord, où elle est arrêtée par un militaire nord coréen qui décide de la cacher et de l'aider à retourner au sud plutôt que de la dénoncer.

J'ai adoré la manière dont est dépeint la société nord coréenne. Je ne sais pas si c'est vrai, mais c'est suffisamment réaliste pour l'apprécier. En terme d'amour impossible, c'est difficile de faire pire avec une barrière de barbelés et des missiles de chaque côté. C'est une belle métaphore de peuples qui pourraient s'aimer, mais de gouvernements incompatibles. Le placement de produits est juste improbable dans cette série.

Pour rajouter un petit plus, les héros de la série se sont mariés dans la vraie vie. C'est pas beau le cinéma !

100 Days My Prince

Un prince perd la mémoire et vit pendant 100 jours comme un paysan. Il tombe bien sûr amoureux de celle avec qui il habite qui s'avère ne pas être celle qu'elle prétend.

On ne cherchera pas la véracité du côté du prince dans cette comédie romantique divertissante, mais plutôt la manière de dépeindre la vie rurale et la barrière qui sépare les nobles des roturiers, qui construit toute la société médiévale. Les personnages sont attachants, même si est un peu surjoué, mais le style veut ça.


Business Proposal

Un riche héritier d'un empire industriel qui ne veut pas se marier, passe un contrat avec jeune femme pour qu'elle se fasse passer pour son crush auprès de sa famille pour avoir la paix. Bien sur elle va le devenir et les emmerdes et quiproquos se multiplient.

Les personnages sont caricaturaux à souhait, jusque dans les coiffures. De tous milieux, ils regardent le même k-drama qu'ils critiquent sans vergogne, sans s’apercevoir qu'il sont eux même les personnages de la même histoire. La mise en abîme est délicieuse. A regarder un fois que l'on est familiarisé avec le style, car ce n'est pas l'histoire qui est bonne mais la manière de la caricaturer en permanence.


J'en ai regardé d'autres, de moins bonne qualité. Surtout ne vous laissez pas affecté par la qualité du premier épisode. Dans certaines productions ont dirait que les acteurs ne savent pas jouer et apprennent le métier au fur et à mesure des épisodes, dans d'autres, les scénaristes ont commencé des pistes et laissent tomber. En général, ça commence à être bon à partir de 3ème ou 4ème épisode, soit parce que les choses se sont mises en place, soit parce que l'on s'est habitué aux personnages.

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lundi 10 janvier 2022

Quand de vieilles fesses dérangent

Ci dessous le tweet de Gilles Raveaud @RaveaudGilles et ensuite ma réaction

Quand les fesses nues (doublées) de Meryl Streep gênent... Leonardo DiCaprio. Mais oui le patriarcat c'est de l'histoire ancienne, mais oui. Article de journal

La nudité est souvent sexualisée, donc idéalisée. Dans le film "Don't look up" la nudité n'a rien à voir avec la sexualité, donc la remarque de Di Caprio est d'autant plus inappropriée. La scène fait référence à Adam et Ève qui par essence sont nus.

Et qui a dit qu'Adam et Ève étaient jeunes ? Pourquoi les hommes et femmes âgés ne pourraient-ils pas être sexuellement attractifs et croquer la pomme ? Ce qu'ils font bien sûr, mais il ne faut pas le dire, leur sexualité est supposée s'arrêter une fois qu'ils et elles ont procréé.

Tweet d'origine

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dimanche 7 février 2021

Une série juste géniale: Mum

Non seulement je dis que je regarde Arte, mais en plus c'est vrai. Pas tout le temps, et pas tout, mais en ce moment, Arte propose des séries absolument supers. Je vais commencer par vous parler d'une qui est un truc difficilement qualifiable mais tellement rafraîchissant.

Par le passé, j'avais aimé les série danoises, suédoise, allemandes proposées par Arte et je me demandais, pourquoi même quand certaines n'étaient pas forcément très bonnes, j'appréciais de les regarder. Je pense que c'est la comparaison avec les séries américaines, qui ont toutes en commun le rythme. Les séries européennes sont plus lentes, prennent le temps de montrer les choses, et souvent faute de moyens, ne sont pas dans la surenchère d'effets spéciaux. Ce contraste permet d'apprécier d'autres choses que nous raconte l'histoire. C'est ce que fait à l’extrême la série Mum.

Aucun effet spécial, pas de super héro qui sauve la planète, aucune aventure qui fait rêver, pas de course de voiture ou même de voiture intéressante, aucune scène torride de sexe, des personnages d'une banalité tellement banale que ça en est inhabituel sur un écran, un décor simplissime réduit à une maison de banlieue quelque part au royaume uni. Planté comme ça le décor ne donne pas envie.

Mum c'est l'histoire d'une femme mure[1], qui vient tout juste de perdre son mari qu'elle aimait. Tout au long des 3 saisons qui correspondent grosso modo à 3 ans de sa vie, on la croise lors des diverses réunions de famille. Elle est entourée par son fils et sa copine, ses beaux-parents, son frère et sa femme, un ami de son mari et de temps en temps, quelques personnes de passage. Tous les gens de la famille sont des sans gènes maladroits, quelle gère et accueille avec un flegme british et une patience qui force l'admiration et suscite une empathie porteuse de bienveillance. Il y a quantité de micro détails, des trucs insignifiants du quotidien, juste perceptibles. C'est une série qui parlera assurément aux parents, aux boomers, peut être aux autres, j'en sais rien. Nous avons adoré.

Cette série est un bonbon, un moment de petit plaisir simple.

Quelques liens:

Note

[1] Jouée par Lesley Manville qui est exceptionnelle.

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samedi 18 janvier 2020

Harry Potter et les contre-pouvoirs

A la maison nous sommes des fans de la saga Harry Potter et ma fille est carrément dans la catégorie expert puisqu'elle a obtenue haut la main son B.U.S.E[1]. Cette œuvre a beaucoup de qualités, dont celle d'aborder la problématique des contre-pouvoirs.

Si vous ne connaissez pas l'univers d'Harry Potter je vais divulgacher[2] certains ressorts de l'intrigue, donc arrêtez vous de lire là si vous voulez garder le plaisir intact lors de la découverte de ces livres ou films.


Dans les 2 premiers épisodes, on découvre le monde de la magie, et on devine qu'il y a de puissants magiciens, mais ont ne les fréquente pas vraiment. Il y a un ministère de la magie qui régule tout ça, il y a des règles. L'aspect politique de la société des magiciens et la gestion de la société, sont supposés être similaire à la société des moldus[3]. Jusque là c'est bon enfant.

Et puis commence à apparaître des anomalies dans cette gestion de la société. Un peu comme dans celle des moldus d'ailleurs. On découvre qu'il y a des magiciens qui sont enfermés dans une prison pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Dans ce monde de la magie, y a une application de la loi plutôt moyennageuse, et il vaut mieux être bien né et avoir de bonnes relations pour échapper à l'application de la loi. La société des magiciens est structurée autour de rapports de force entre clans, constitués autour de puissants magiciens qui règnent comme des barons au sein de leur clan et sont craints par les membres de leur clan.

Cette société du monde de la magie devient de moins en moins attractive au fur et à mesure que se déroulent les épisodes. Être un magicien médiocre dans cette société est dangereux. Si en plus ce magicien ou cette magicienne n'a pas fait allégeance à un clan, sa vie est d'autant plus précaire. La liberté d'expression, la liberté d'aller et venir sont compromises si l'on ne fait pas partie du bon clan.

Dans les premiers tomes de la saga, tout le monde a envie de devenir magicien, pas forcément du niveau de Harry ou Hermione qui sont des grosbill de la magie, mais déjà comme Ron ou Nevil, ça à l'air sympa. Et puis livre après livre, ça donne beaucoup moins envie, quand on découvre que l'on peut être très sévèrement juger pour des broutilles et condamné à du lourd alors que d'autres s'en sortent, que même les grosbill peuvent mourir juste car on est pas dans le bon clan, que les flics locaux foutent grave les chocottes et que on ne va pas aller leur demander notre route. Hum, cette société de magiciens, même avec son ministère et ses règles ne protège pas si bien que ça ses citoyens. Il y a un problème.

Et le problème c'est les contre-pouvoirs, ou plutôt comment ils existent dans cet univers. Grosso-modo, les contre-pouvoirs dépendent du bon vouloir des plus puissants magiciens. S'ils passent du côté obscure de la force[4], ben pfffuit, plus de contre-pouvoir. C'est typiquement inspiré du modèle monarchique, où si on a du bol on a un bon roi juste et si on a pas de bol on hérite d'un roi taré, ce qui arrive quand même assez souvent avec leurs histoires de consanguinité.

Imaginez un instant, qu'Hermione deviennent méchante, en mode grosbill, pour se venger des humiliations que lui font subir les racistes de magicien contre les descendants de moldus. Clairement elle fait partie des magiciens que l'on préfère avoir dans son camp. Au livre 12[5], elle ridiculise Voldemort. Avec son petit minois elle séduit Harry et se le met dans la poche et hop, ils deviennent maître du monde. Qui est assez puissant pour les arrêter ces 2 là une fois que Dumbledore est mort ?

J'écrirai peut-être une fan-fic un de ces quatre sur le sujet, ça pourrait être amusant.

Pour revenir à notre société, il a fallu des générations pour construire un équilibre démocratique, économique et social. Certes il est loin d'être parfait, mais il met en place des garde-fous et des règles, qui limitent l'emprise des plus puissants. Pour continuer de filer la métaphore avec l'univers d'Harry Poter, les réseaux sociaux sont la technologie de l'Horcruxes donnés à quelques clans, leur permetant d'aller bien au delà de leur pouvoir naturel, rendant obsolètes les anciens équilibres avec leur contre-pouvoirs devenus obsolètes[6].

Comme dans tout éco-système qui est déstabilisé, selon la vitesse à laquelle s'applique le chambardement, soit le système s’effondre et est remplacé par un autre[7], soit on vit une période de transition douloureuse pour qu'il s'adapte. Je plaide pour la seconde solution, comme dans Harry Potter, qui restaure un nouvel équilibre, mais bon, ça fait un peu trop happy end cette conclusion...

Notes

[1] Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire, obtenu il y a 2 ans à Nice.

[2] "Spoiler" en bon américain.

[3] Les moldus sont les non magiciens.

[4] Oui je sais, je mélange un peu tout...

[5] Ben oui pas tout de suite, il faut qu'elle progresse encore un peu.

[6] Je parle de la presse qui n'a pas encore compris comment ne pas se faire manipuler sans perdre ses clients.

[7] Sans vouloir être défaitiste, à part les systèmes populistes ou les dictatures, il n'y a pas beaucoup d'alternatives hélas.

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lundi 23 décembre 2019

Star war: la déchéance d'un mythe

J'ai aimé Star War, la trilogie originale (épisode 4, 5 et 6). J'ai aimé aussi le pré-logie (épisodes 1, 2 et 3) et surtout l'épisode 3. J'ai aimé l'épisode "Rogue One" qui se situe juste avant l'épisode 4. En revanche, les épisodes 7, 8 et 9 ne sont pas, et de loin, à la hauteur de l'univers de Star War.

L'épisode 7 était une espèce de compilation des scènes cultes de la trilogie, avec zéro originalité, des quantités d'anomalies par rapport aux règles de l'univers et des incohérences scénaristiques, sans parler du jeu des acteurs médiocres. L'épisode 8 je ne m'en souvient pas tellement il m'a marqué et le dernier épisode, le 9 que je suis allé voir avant hier est juste agaçant à force de ne pas tenir la route et d'être déséquilibré.

J'ai passé tout l'épisode à me demander si le scénario allait essayer de nous surprendre, tellement les scènes étaient téléphonées et prévisibles, jusqu'à en devenir inutiles et longuettes, voir même stupides. Je vais tacher de ne rien divulgacher:

  • Il n'y a que 2 bisous, et le premier des 2 est une honte scénaristique.
  • Les combats au sabre laser sont médiocres. On se rappellera que la force permet de sentir le futur, ça serait bien de le sentir dans les combats.
  • On adore le personnage capable de léviter, mais qui a du mal à escalader une ruine.
  • Les retournements qui transforment des personnages en Jedi juste pour simplifier l'intrigue de cet épisode, mais qui casse le peu de cohérence des épisodes précédents.
  • Le général qui part en mission en première ligne, c'est tout à fait normal.
  • La mesure dans les proportions, avec une armée 10 000 fois plus grande que l'armée déjà 10 000 fois plus grande que la résistance, sans parler de d'où ils sortent autant d'équipages.
  • La miniaturisation des armes en 2 épisodes. Le machin qui a besoin d'un soleil pour fonctionner se balade maintenant sur un vaisseau.
  • Le pouvoir de guérison maîtrisé comme ça, à l'improviste.
  • ...

C'est réellement frustrant de se dire qu'avec un tel budget, Disney ne soit pas capable d'engager de bons scénaristes, de bon paroliers et accessoirement de bons acteurs. Au final on a des films avec une débauche d'effet spéciaux, qui n'arrivent même pas à camoufler la médiocrité du scénario.

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jeudi 28 juin 2018

La science dans le film Avatar

J'ai regarder à nouveau le film Avatar l'autre jour et j'y ai vraiment pris du plaisir. Lors de la première fois que j'ai vu ce film, le scénario m'avait semblé un peu trop manichéen, avec des gentils très gentils et des méchants très méchants. Au 4ème visionnage, c'est toujours vrai, mais on regarde d'autre chose: la beauté de l'univers est exceptionnel et la philosophie des Navi très inspirante. Quant on connais l'histoire, on se prend à regarder comment elle est racontée, comment elle est mise en image, et on découvre des détails au milieu des clichés bourrin faits pour que tout le monde puisse suivre une intrigue simple.

Bref j'ai adoré replonger dans cet univers. Avec le 5ème élément, c'est un de mes film de science fiction préféré.

Un petit lien très sympa sur la science dans Avatar.

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mercredi 18 janvier 2017

La longue traine appliquée à l'audio-visuel

La longue traîne

La théorie de la longue traîne a été appliquée aux sites internet et en particulier aux blogs pour dire qu'un article qui ne fait pas forcément beaucoup de visites lors de sa publication, peut en faire beaucoup plus sur le temps long qu'un article à forte visibilité ponctuellement. Typiquement, sur un site d'actualités, les nouveaux articles chassent les anciens. Donc le jour de leur parution, les articles sont mis en avant et ont beaucoup de visiteurs pendant quelques jours et ensuite ils ne reçoivent plus de visite. Le seul moyen que ces articles continuent d'avoir des visiteurs après la phase initiale d'exposition, c'est qu'ils comportent du contenu qui permette de les retrouver dans les moteurs de recherche, ou idéalement, qu'ils soient cité ou référencés par d'autres site web. C'est donc la qualité ou la pertinence qui apportera une visibilité à long terme d'un article, qui pourra très largement dépasser sa seul visibilité initiale.

Le web 3.0 et la longue traîne ne sont plus très compatibles

Contrairement aux blogs classiques qui comportent beaucoup de contenu référençable par les moteurs de recherche, le micro-bloging sur les réseaux sociaux ne permet pas de promouvoir la longue traîne. Le contenu disparaît des radars très vite, en quelques heures sur twitter, quelques jours sur facebook. Les réseaux sociaux pour les producteurs de contenus ne sont pas des supports de communication mais des apporteurs de trafic vers les supports classiques que sont les sites web, où il peuvent représenter plus de la moitié du trafic.

Pour les producteurs de contenu, si la priorité est le trafic (pour ceux qui en vivent), ils y a donc une forte tentation à formater le contenu pour le partage sur les réseaux sociaux, donc l’immédiateté, l'émotion, le sensationnel, au détriment du fond et de l'analyse qui ne sont vendeur que sur le long terme (les très bons font les 2 mais ils sont extrêmement rares). Il est difficile de produire du contenu de qualité qui trouvera son public grâce à la longue traîne, si les points d'entrée sont incompatibles avec cette dernière. On voit ainsi apparaître de plus en plus d'articles qui sont formatés pour le buzz, des pièges à click avec des titres racoleurs, conçus avec un seul objectif, stimuler le partage sur les réseaux sociaux.

Tout ceci est directement lié au modèle économique basé sur la publicité: il n'est pas nécessaire de créer de la fidélité pour générer du trafic et donc des affichages de bannières de pub.

Exactement le même modèle que la télévision

Cette évolution du web grand public ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de la télévision. Les réseaux sociaux proposent des flux continus d'images et de texte, et votre souris se comporte comme la zapette de votre télévision. Les contenus avec lesquels vous interagissez (click sur le lien, partage, like...) peuvent s'apparenter à des émissions de télévision qui auraient réussi à capter votre attention suffisamment longtemps pour que vous ne zapiez plus.

Cette course effrénée contre la zapette, les télévisions la vivent depuis des années avec un des effet secondaire les plus absurde sur la production audiovisuelle: une série télévisée doit généré un nombre de vue hebdomadaire minimum pour survivre. Les scénario sont conçus pour tenir en halène les téléspectateurs, d'un épisode à l'autre, et d'une saison à l'autre. Le développement des personnages et des univers que permet le long format de la série n'est plus exploité que pour accélérer le rythme, user jusqu'à la corde la technique des rebondissements et faire dans le sensationnel à chaque page de publicité.

Comme la recherche permanente de buzz sur le web, le sensationnalisme et la surenchère (violence, sexe, effets spéciaux...) est constante, au détriment de l'intrigue (c'est mon point de vue).

Un autre modèle

Lorsque nous sommes partit en vacances en amérique du nord, les enfants ont découvert le modèle américain, basé sur une page de publicité toutes les 10 minutes. Je peux vous dire que pour un français c'est juste insupportable. On comprend beaucoup mieux la manière d'écrire des séries ou des téléfilms pour intégrer cette contrainte de la coupure de publicité toutes les 10 minutes, avec du faux suspense et une intrigue coupée en petit morceaux. Garder le téléspectateur pour le retrouver après l'intermède publicitaire est une priorité pour les chaînes.

Il est pourtant possible de recréer de la fidélité et de sortir de cette course au buzz, tout en trouvant un modèle économique. C'est celui de Netflix, qui moyennant finances, permet grâce aux abonnements de s'affranchir de la tyrannie publicitaire. Les mauvaises habitudes sont encore là chez les scénaristes, mais le modèle économique de Netflix permet de développer les personnages et l'intrigue, puisque le spectateur ne subit pas la diversion de la publicité.

On retrouve également la possibilité de la longue traîne dans le modèle économique de Netflix. Un épisode ou un film n'est pas obligée de faire un nombre de vu minimum dès sa première diffusion puisque le spectateur vient consulter la vidéo n'importe quant, même plusieurs mois après la première diffusion. Et donc, il est possible de construire des univers, de trouver un public, que le bouche à oreille fasse gagner en notoriété. Pour le moment, Netflix ne garde pas ses vidéo indéfiniment, donc ma théorie est un peu biaisée.

D'autres schéma scénaristiques

Si on se place du côté des producteurs de contenu, et notamment les scénaristes, la possibilité qu'une vidéo fasse son nombre de vue minimum pour être rentable en 8 mois au lieu de 2 semaines est une aubaine. C'est la possibilité pour les créateurs d'explorer d'autres méthodes, d'autres schéma scénaristiques, de développer des univers et des personnages. C'est redonner aux créatifs le temps de rencontrer leur public, de capitaliser sur les fans. Créer des histoires à peine rentables à tourner, mais rentables quand même.

Le modèle économique du micro-paiement

Aujourd'hui, si vous voulez regarder un film ou une série sur les plateformes disponibles, le prix va de 2 à 7€. Pour Netflix, l'abonnement est de 9€/mois. Concrètement, cela veux dire que Netflix divise votre abonnement par le nombre de vidéo que vous regardez par mois. Si vous regardez 25 épisodes sur un mois, Netflix dispose d'environ 30 centimes pour financer l'épisode. Ce n'est bien sûr pas vrai, c'est pour illustrer. Ce doit être à la louche ce que les chaînes de télévision payent pour leur téléfilm.

Si on va au delà de Netflix, c'est la possibilité de mettre en œuvre un espèce de micro-paiement pour la vidéo à la demande. On arrête de vendre l'accès aux vidéo à des prix exorbitant comme aujourd'hui, et on redonne le pouvoir aux consomme-acteur de financer par leur visionnage les créations. Que voilà une belle utopie et un modèle économique intéressant.

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mercredi 16 décembre 2015

Star war, le réveil de la force - mes impressions sans spoil

starwars7.jpgCe soir, pour la sortie du nouvel opus de Star wars, toute la famille était sur le pied de guerre. Depuis près de 2 semaines nous avons révisé en regardant les 6 précédents épisodes. Nous avons presque failli aller à la séance en cosplay, mais le timing était un peu serré pour avoir une tenue digne de ce nom.

Donc nous étions dans les starting blocs, nos lunettes 3D rivées sur le nez, et nous nous en sommes mis pleins les yeux.

Je suis pour ma part sorti du film avec des sentiments mitigés. Tout d'abord ce que j'ai aimé:

  • J'ai adoré me replonger à nouveau dans l'univers de Star Wars. Cet épisode y est totalement fidèle.
  • J'ai trouvé génial de retrouver les personnages des épisodes précédents, d'avoir des bribes de leur vie.
  • Il y a plein d'extraterrestres que l'on est un peu frustré de ne pas pouvoir découvrir plus.
  • Les effets spéciaux sont omniprésents mais contrairement aux épisodes 1 ou 2, restent à leur place d'accompagnement.
  • Le film est truffé de références et de clins d’œil aux épisodes précédents. Je ne pense pas qu'il y ai une seule scène que l'on ne puisse rattacher à l'un des précédents épisode: une situation, un personnage, une réplique, un accessoire. Les fans ont de quoi se régaler pour un paquet de visionnages.

En fait , ce dernier point est aussi à double tranchant, car on a une impression de déjà vu constante. Certaine scènes sont tellement des échos de scènes mythiques qu'il n'y a quasiment plus de surprise. Autre point qui m'a un peu chagriné, ce sont les personnages un peu trop caricaturaux ou improbables.

Bref tout ça pour dire que nos avons passé une bonne soirée et que l'on attend la suite avec impatience.

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lundi 6 avril 2015

Systeme anti copie de merde, où l'art de tuer la poule aux oeufs d'or

Voilà le contexte. Ma fille est en train de dévorer les bouquins de la série The Mortal Instruments, qu'elle trimbale avec elle comme un doudou partout. Bref elle est fan. Avec ses copines, elles sont parties en raid à Nice la semaine dernière, direction la FNAC pour y dépenser leurs économies dans l'objet du désir: le film. Rupture de stock sur le DVD, mais cela ne l’arrêta pas, même face au prix exorbitant de la chose, le petit cochon ayant été brisé en conséquence, elle se rabat sur la version Bluray, qui était fort à propos en promotion ce jour là.

Et c'est là que le désastre commence. Rentrée à la maison après l'expédition niçoise, pleine d'aventure à se raconter avec les copines, elle voulu finir la journée en beauté en regardant le film qu'elle venait de s'acheter, ce qui semble être une réaction assez légitime, après tous ces efforts.

Il n'en sera rien !

Elle croyait naïvement qu'il suffisait d'acheter un film pour pouvoir le regarder, l'innocente enfant encore pleine d'illusions.

Nous avons, dans notre logis, accès à 2 lecteurs Bluray: un classique lecteur de salon qui fait home cinéma et l'autre sur la Freebox. Le premier est de marque Samsung (HT-C5500) qui est supposé se mettre à jour par internet pour bénéficier des toutes dernières avancées de la technologie. Sauf que bien sûr, le fabriquant a décidé qu'il était maintenant trop vieux (5 ans) donc plus de mise à jour. L'autre lecteur est celui de la Freebox qui est tout le temps à jour à chaque allumage. Ni l'un ni l'autre n'a pu lire ne serait-ce que le menu d'accueil du Bluray.

Donc d'un côté nous avons des vendeurs de film qui inventent des techniques d'encryption des films qui nécessitent des mises à jour permanentes des lecteurs de salon, et de l'autre, des fabricants de lecteur qui ne les mettent pas à jour (obsolescence programmée) ou qui n'arrivent pas à adapter leur matériel (la Freebox a des difficultés sur pleins de DVD ou Bluray un peu trop protégés). Et là je me pose la question, sont-ils tombés sur la tête ?

On a le droit de faire une copie d'un film acheté ?

Avec ses bonnes notes en classe, ma fille a eut le DVD des Enfoirés. Elle le regarde en boucle et m'a donc demandé de le mettre sur son téléphone, comme ça, comme son bouquin fétiche du moment, elle peut l'emmener partout. J'ai donc rippé le DVD des Enfoirés qui n'était pas protégé contre la copie et elle peut l'écouter 10 fois par jour, sans que nous ne risquions l'overdose. Tout le monde est heureux.

Oui mais... non !

Par contre pour le film The mortal instruments, non seulement on ne peut pas le mettre sur le téléphone, histoire de regarder en boucle les scènes préférées avec les copines au collège, mais pire que ça, elle ne peut même pas le voir. Et tout ça pourquoi ? Pour éviter le téléchargement illégal ?

MOUUUUUUAAAAAAAAA je me gausse, je me bidonne de rire, je me gondole d'hilarité. Le film est disponible au téléchargement sur n'importe quelle plate-forme de torrent ou de streaming le lendemain de sa sortie en DVD ou en Bluray, quelque soit le système de protection anti copie. Et donc les clients légitimes sont emmerdés avec des mises à jour de firmware qui ne ne se font pas, avec des incompatibilités dans les menus de navigation, avec les sous-titres qui ne s'affichent pas, avec des versions haute définition qui sont tellement encryptées que les lecteurs chauffent et plantent au milieu du film, ou pire encore, n'arrivent même pas à lire le film (c'est du vécu pour chaque exemple). Tout ça au final pour lire sur les forum que les gens n'iront plus acheter les films mais qu'ils les téléchargeront, au moins ils pourront voir le film ! L'art de se tirer une balle dans le pied.

Bande de cons, vous avez fabriqué une génération de pirates

Et au final, vous croyez que ma fille va recasser sa tirelire pour prendre le risque d'acheter un film la prochaine fois ? Sérieusement ? Elle était une consommatrice en puissance, qui adore posséder les objets, les livres, les DVD, les photos. Là, elle va être un peu vaccinée.

Je n'ai jamais expliqué à mes enfants comment télécharger des films ou de la musique, mais vous croyez qu'ils ont besoin de moi ?

Prenons un exemple simple. Mon fils n'a pas internet sur son téléphone, donc il ne peut pas utiliser les services de streaming comme Deezer. Il n'a pas de carte bancaire, donc il ne peut pas acheter en ligne un droit d'écoute. Même s'il en avait une, il n'a pas de compte Google ou Apple pour acquérir ses droits d'écoute. Donc en tant qu'adolescent, il n'a accès à aucune plate-forme légale de commercialisation de musique numérique. Comme la musique qu'il aime ne se trouve pas au supermarché, à votre avis, il fait comment pour remplir son téléphone de musique ?

Se poser la question c'est déjà y répondre. Sommes nous si peu nombreux à nous la poser ?

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mardi 29 octobre 2013

Tokyo Godfathers: un manga exceptionnel

Dans le domaine des manga grand public, il n'y a pas que Hayao Miyazaki[1], quelques autres auteurs de qualité utilisent ce mode d'expression et ses codes pour traiter de sujets très profonds, tout en les rendant plus accessibles qu'avec un film, car un des avantage du dessin animé, c'est la possibilité de surjouer les expressions sans pour autant rendre le film stupide.

J'ai découvert totalement par hasard le film Tokyo Godfathers de Satoshi Kon. Ce film est certes un dessin animé, mais ne s'adresse pas tant que ça aux enfants. Bien que sans aucune violence ou autres scène dérangeantes pour les jeunes esprits, ce film traite de sujets difficiles d'accès au jeune public, sans pour autant les empêcher de regarder et apprécier le film.

C'est l'histoire de 2 clochards vivant avec une petite fille, à Tokyo la veille de noël. Ils découvrent un bébé abandonné dans la neige. Commence alors la recherche des parents à travers la ville. Le film aborde la misère, l'homosexualité (un des 2 clochard est un travesti), la famille, la déchéance sociale... le tout avec des graphismes très recherchés qui nous immergent dans la capitale nippone.

J'ai vraiment aimé la complexité des personnages et de leur histoire. On s'attache facilement à eux et on les suit dans leurs aventures en espérant qu'ils y arriveront. Un très chouette film (à partir de 12 ans je dirais pour que les jeunes puissent l’apprécier).

Note

[1] Dont je suis un grand fan.

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samedi 30 mars 2013

Les marches du pouvoir

La cinémathèque de Nice diffusait hier soir le film de George Clooney, Les marches du pouvoir, un film sur une tranche de vie d'une campagne électorale aux USA.

Je n'ai pas aimé ce film, je ne l'ai pas aimé du tout. Le jeu des acteurs est excellent, les personnages complexes à souhait, l'histoire prenante avec des rebondissement. Bref, l'auteur nous entraîne avec talent dans l'histoire, mais le problème c'est l'histoire, pas la manière de nous y emmener. Le problème c'est le sentiment qu'elle laisse lorsque l'on sort de la salle. Le problème, c'est le message qui reste. Le problème c'est une histoire de merde racontée avec talent.

Si vous avez envie de voir ce film, ne me lisez pas plus loin car j'ai l'intention de parler de la fin, et donc de vous la gâcher.

Je dois être encore un enfant à rêver que dans une histoire il y a toujours une porte de sortie positive. Quant le héros meure à la fin, l'idéal qu'il a défendu pendant tout le film lui survit. Quant les méchants gagnent à la fin, en fait ils deviennent moins méchants et on aime à espérer que leur part de bonté que l'on a entraperçu va prendre le dessus. Quant le méchant perd, il ne perd pas forcément parce qu'il n'était pas capable de gagner (en général il est dix fois plus fort que le gentil), mais parce qu'il lui manque les bonnes valeurs, celles qui en feraient un gentil. Et ainsi de suite, une happy end n'est pas forcée d'être cul-cul la praline, mais à minima, il reste une trace que c'est le bon côté, les valeurs positives qui font réussir, qui apportent du bonheur, du positif, histoire de donner à nos bonnes actions quotidiennes un sens, une raison. Qui voudrait encourager nos attitudes négatives ?

Ce soir, j'ai vu un film dans lequel, pas un seul des personnage n'est pas un pourri ou une ordure. Tous sans exception glissent vers le côté obscur de la force, et l'auteur ne leur laisse aucune chance. Ils le savent et ils y vont quant même. Je suis sortis de ce film dégoutté. Quoi, c'est ça la politique ? C'est ça la plus grande démocratie du monde ? C'est ça que font les grands hommes ? Quel est le message qui reste ? Tous des pourritures, sans exception, machiavéliques, manipulateurs, menteurs, et au final sans plus aucun idéal, juste des machines de séductions pour gagner une élection.

Désolé, mais je n'accepte pas cette histoire. Je n'accepte pas que la seul chose qui puisse rester d'une histoire c'est "tous des pourris". Je me suis engagé en politique pour défendre la lueur positive qu'il y a dans toutes les réalisations humaines, pour faire grandir cette lueur pour qu'elle brille plus fort et que ce soit elle que l'on regarde, même si on sait qu'il peut y avoir des côté sombres. Je suis touché par ce film qui met le talent au service d'un message de merde.

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mardi 29 janvier 2013

Un feuilleton dans votre burger

Une nouvelle discrète, mais révélatrice, a été diffusée outre manche qui pourrait être l'avènement d'une nouvelle forme de mécèna pour l'industrie culturelle.

McDonald's to give away 15m children's books with its food

Mac Do va-t-il devenir un mécène pour les auteurs de feuilleton en instaurant le don de livre dans ses menus Hapy meal pour les enfants. Cette perspective rejoint une analyse de Jacques Attali qui date de 2007 dans laquelle il disait que les contenus culturels allaient perdre de plus en plus de valeur, et seraient financés par les fabricants de conteneur. A l'époque il pensait aux fabriquant de lecteur MP3.

On se rappel dans le même genre, des stations d'essence qui proposaient des BD subventionnées par le pétrolier en tirage spécifiques, vendu à un prix dérisoire, ou encore aujourd'hui, des DVD récents bénéficiant d'une remise significative.

Dans l'exemple de Mc Do, le conteneur est le menu. Nous savons qu'un menu que nous achetons 7€ coûte intrinsèquement moins de 1€, et toute charge et frais compris, moins de 3€. L'objectif des fast-food n'est donc pas de nous vendre de la nourriture au juste prix, mais de nous faire dépenser un montant minimum chaque fois que l'on passe la porte. Ce qui explique que vous avez toujours des remises pour vous donner plus à manger, mais jamais pour faire baisser le prix.

Il est donc logique d'étendre le concept de menu à montant unique mais à contenu adaptable, à autre chose que la nourriture. Les jouets étaient la première réponse, mais comment étendre ce concepts aux adultes ?[1] En effet, qu'est-ce qui est le plus important pour un restaurateur ? La fidélité de ses clients. En proposant des feuilletons, que ce soit sous la forme de nouvelles, de BD, ou de vidéo, la fourniture de contenu à épisode pourrait devenir un nouveau moyen de fidélisation des clients des restaurateurs, avec l'avantage énorme de pouvoir proposer un contenu personnalisable par cible de clientèle: des séries pour enfants, ados, adultes ou seniors, voir même par genre. Et Mac Do n'a même pas besoin d'avoir l'exclusivité, puisque qu'il peut juste proposer la série 1 semaine avant sa diffusion sur une chaîne de TV, ce qui lui permet de bénéficier de la force de frappe publicitaire de la chaîne de TV.

Imaginez un épisode par semaine. Comment faire pour résister, si le feuilleton est prenant ?

Note

[1] Les verre coupe du monde ciblent un public limité.

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jeudi 20 décembre 2012

Bilbon le Hobbit: un voyage inattendu, pas vraiement un film pour enfant

Quant on aime l'héroic fantasy[1], il est difficile de faire l'impasse sur le dernier film de Peter Jackson, The Hobbit: un voyage inattendu.

Fans inconditionnels du seigneur des anneaux, mon épouse et moi même attendions avec une grande impatience que mes enfants aient enfin l'âge de pouvoir découvrir cet univers. Nous avions offert au fiston le livre de Bilbon[2] et rendu accessible dans la bibliothèque la trilogie de l'anneau, tout en étant conscient que ces ouvrages sont difficiles d'accès. En effet, si les aventures de bilbon tiennent dans un seul cours roman, la trilogie elle est un ouvrage long, qui détaille l'univers. Il faut avoir envie de le lire pour subir les longues descriptions des univers ou les poèmes, des nains ou des Elfes.

Même si aujourd'hui les enfants[3] regardent n'importe quoi à la télé, il me semble que ces films de Peter Jackson ne sont pas destinés aux enfants. L'univers de Bilbon et du seigneur des anneaux qui a été inventé par Tolkien[4] est un univers complexe, avec des personnages complexes et difficilement accessibles aux enfants qui fonctionnent avec des schémas manichéens. Le plus complexe de ces personnages étant Golum, qui occupe un rôle central dans les 2 œuvres. Il est à noter qu'il a beaucoup impressionné mon fils, ce qui n'est pas étonnant, car la schizophrénie n'est pas un truc d'enfant, ni même d'adolescent.

Mais je ne vous cacherai pas que nous nous sommes régalés avec ce premier opus de Bilbon. Clairement, l'objectif est de faire le lien avec la trilogie. On a un sentiment de déjà vu, voulu par les auteurs du film. On y retrouve bien sûr les personnages, mais aussi les décors grandioses de la NouvelleZélande. L'introduction étant délibérément un clone de celle du seigneur des anneaux.

Une différence importante dans cette continuité, est l'utilisation de la 3D. On sent, parfoit presque un peu trop, que les cadrages et certaines scènes sont conçues pour profiter de la technologie, avec par exemple des premiers plan inutiles hormis pour les effets de relief. Mais bon, c'est du chipotage, car ça le fait super bien.

Nous sommes rentré à la maison avec une furieuse envie de revoir la trilogie de l'anneau, histoire de patienter jusqu'en décembre 2013 pour le 2ème opus[5]. Le coffret 12 DVD en version longue[6], n'a qu'à bien se tenir, au premier weekend pluvieux il va y avoir des séances dantesques sur grand écran à la maison !

Notes

[1] L'heroic fantasy, ou fantastique médiéval est un type littéraire ou cinématographique qui se déroule dans un univers médiéval avec de la magie et des créatures fantastiques.

[2] Il y a eu plusieurs traduction du nom du héros, tantôt Bilbo, tantôt Bilbon.

[3] Ceux des autres, pas les miens !

[4] Tolkien était un linguiste qui a voulu inventé une mythologie à l'Angleterre. Il a mis plusieurs décennies à construire ces univers.

[5] et mis 2014 pour le 3ème.

[6] En version longue chacun des épisodes du Seigneur des anneaux fait entre 3h40 et 3h50, plus autant de bonus.

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jeudi 12 juillet 2012

Combien êtes vous prêt à payer pour voir un film ?

pirate.pngJ'ai reçu il y a quelque temps une pub du site Priceminister sur lequel j'ai acheté une fois[1]qui me propose d’acquérir des DVD à partir de 0.90€, je suppose d'occasion. Ceci illustre le prix que les vendeurs, donnent au film "hors boite" si on considère que la boite est abimée. A mettre en rapport avec les 25€ du neuf et les 4 à 7€ de la VOD[2], et je ne le compare pas à la place de cinéma à 9€ qui n'est pas tout à fait comparable, car le film ne se regarde pas à la maison.

Dans le même ordre d'idée, j'achète régulièrement des DVD d'occasion dans des vide grenier, où il sont vendu entre 1 et 4€, ce qui revient quasiment toujours moins chère que la VOD, sachant que en plus je pourrais les revendre au moins la moitié du prix d'achat.

Il y a enfin les magasins de troc, qui propose des DVD entre 2 et 4€ et des Blu-ray, entre 4 et 11€, ce qui reste encore moins chère que la VOD pour la majorité des films.

Et pour finir, il y a bien sûr l'enregistrement du film qui passe à la télé, en haute définition, avec une seule contrainte, il faut faire avance rapide sur les publicités.

Donc on récapitule, un film neuf est à plus de 20€, une occasion en magasin à 4€ (avec pour certain sites sur le net des prix à moins de 1€), la même occasion en vide grenier 2€ et enfin l'enregistrement qui se paye avec les publicités à 0€. Conclusion, quelle est la valeur d'un film que l'on regarde à la maison ?

C'est une bonne illustration du problème d'offre légale versus téléchargement illégal.

Dans un système totalement libéral où la libre concurrence s'appliquerait[3] ce serait l'offre et la demande qui régulerait le prix d'une séance de film à la maison. Le prix du film ne serait pas celui choisi par le distributeur, ou le coût du film réel , mais bien le prix que les "consommateurs" seraient prêt à mettre pour y avoir accès. L'accès au téléchargement pour tous met en péril le modèle économique du film.

L'acte d'achat d'un film est devenu un acte complexe qui inclus la possession d'un élément matériel[4], la participation à une communauté ou une tendance[5], la prolongation du plaisir avec les bonus. On s'éloigne de la simple consommation du film qui peut être gratuite si l'on télécharge le film. Visiblement, peu d'auteurs ou de distributeurs incluent ces aspects là dans leur stratégie de lutte contre la copie illégale. On trouve des DVD sans bonus, farcis de publicités dans une boite en plastique avec une pochette quelconque. Quel est l'intérêt par rapport à un film téléchargé ?

On sent bien que nous sommes à une étape charnière de la réinvention du modèle économique de l'industrie du film, mais il semblerait que ce soit poussif, très poussif.

Notes

[1] Ils n'ont pas du tout envie de m'oublier, même si j'ai dit que je ne voulais pas de pub !

[2] VOD: vidéo à la demande disponible sur ma freebox par exemple.

[3] C'est bien sûr un système hypothétique et fictif, car cela n'existe pas.

[4] Ce qui explique que l'achat de film dématérialisé proposé par plusieurs opérateur de VOD n'est pas un succès.

[5] L'effet de groupe, la mode.

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vendredi 6 juillet 2012

Star Trek Aurora, le film sous-titré en français

Star Trek Aurora est un film d'animation de 55min écrit et réalisé par un fan de l'univers de Star Trek, extrêmement doué, Tim Vining. L'action se passe autour de Kara Carpenter, capitaine d'un petit vaisseau de fret, en 2270, soit juste après la fin des aventures du capitaine Kirk.

J'ai été tellement enthousiasmé par ce film, que j'ai voulu contribuer en proposant de faire les sous-titres en français et j'ai contaminé une collègue (FitzCorwin) en lui demandant de faire la relecture de mes traductions.

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vendredi 22 juin 2012

Star Trek: tout l'univers en 7min

Une compilation des visages et des vaisseaux des 5 séries qui composent l'univers de Star Trek, créée à l'occasion du 40ème anniversaire en 2006

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